Les loyautés

Je suis une grande fan de lecture à voix haute et donc de livre audio.

Dans mon parcours découverte de Delphine de Vigan (never too late), un grand coup de coeur pour ce roman/nouvelle polyphonique qui place au centre de l’intrigue le secret d’un jeune garçon en 5e, face à la solitude, la quête d’identité et le vertige de l’abandon.

Deux narratrices internes, une enseignante et une mère, deux points de vues extérieurs sur ce garçon et son copain, une descente aux enfers vertigineuse qui glace le dos.

Un ouvrage qui parle des douleurs de l’adolescence, cette période charnière où l’on peut marcher en équilibre sur le fil-frontière entre l’enfance et le monde des adultes.

Un rythme haletant et une intrigue sensiblement déroutante.

Un ouvrage qui pourrait se trouver en littérature jeunesse, si tant est qu’il y ait une différence avec la littérature vieillesse.

« Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d’innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ? « 

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Autrice : Delphine de VIGAN
Edition : JC Lattès – 208 pages – 17 euros
Année : Janvier 2018

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Le discours

(c) Gallimard

Sygne, une collection pour les voix neuves ? Et bien, c’est réussi ! 

Alors, attention, ce livre risque de vous faire cracher votre thé, café, bière, verre de vin ou tisane dès les premières pages. Ne lisez pas la bouche pleine de liquide en face de quelqu’un car l’éclat de rire vous attend au tournant d’une page et cela risquerait de vous placer dans une situation délicate envers votre voisin (on vous aura prévenu). 

Adrien, la quarantaine désabusée, est en proie au désespoir car Sonia n’a pas répondu à son message de 17h24…

Et là, c’est le drame, la chute dans un trou sans fin, dans les limbes de la presque folie, dans la perte des repères les plus stables…

Faut-il écrire un 2e message ? Faut-il faire semblant de s’intéresser à ce gratin dauphinois qui vient d’arriver sur la table du dîner familial ? Comment écrire ce discours de mariage demandé par son beau-frère alors que Sonia ne répond toujours pas ?

La vie d’Adrien se met en pause forcée, entre parenthèses, et son cerveau part en live complet dans un monologue intérieur complètement barré, absurde, désopilant mais tellement touchant. Une divagation qui n’en finit par de digresser souvenirs après souvenirs, association d’idée après association d’idée. Un porte-serviette vous tape dans l’oeil et c’est parti pour un retour en enfance complètement déjanté ! 

Ah mais ouais ça réveille les zygomatiques grave quand même !

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Charlotte

« Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe. »

Un incipit qui se place là. Et qui donne le rythme de la lecture, en recherche permanente d’air tant le sujet vous étrangle et vous asphyxie dès la première page.

« David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin, Charlotte est exclue par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Elle y entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C’est toute ma vie.» »

Un livre fondateur pour l’auteur qui a mis 8 ans à coucher sur le papier les mots pour rendre hommage à la vie tragique de cette artiste peintre sacrifiée.

Un roman en vers libres où sa passion et son admiration est palpable à chaque ligne.

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Le potentiel érotique de ma femme

(c) Folio

Il était temps ! Où étais-je donc pour ne pas avoir dévoré cette madeleine juteuse lors de sa sortie ? N’en parlons plus, ou plutôt parlons-en justement de ce petit bijou désopilant !

Un très grand coup de coeur pour ce roman au rythme effréné, à l’écriture impertinente, mêlant humour et tendresse, réflexions intérieures sur les hauteurs et bassesses de la condition humaine, soulevant le voile sur les petits et grands déboires du quotidien amoureux et de la vie de couple, bousculant le lecteur en le convoquant en permanence dans le récit : une jolie folie totalement jubilatoire. 

Résumé : Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d’escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les œufs d’oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s’est marié.
Alors, il s’est mis à collectionner sa femme.

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Je vais rester

(c) Rue de Sevres

Une semaine entièrement organisée jour après jour par Roland pour Fabienne, à Palavas.

Mais le séjour ne se déroule pas comme prévu. Suite à un événement tragique, elle se retrouve seule et contre toute attente, elle décide de rester. Choc, stupeur, déni…

Une couverture très forte. Une intrigue surprenante. Une chaleureuse lumière d’été plongeant le personnage clé dans une ambiance protectrice.

Le bruit de la vie des autres tranchant sur ses silences douloureux. L’agitation des vacanciers à l’écoute de leur plaisir en contraste avec les arrêts sur images de Fabienne, en total décalage avec le rythme de la vie qui continue autour d’elle.

À la fois contemplatif et méditatif.
Une belle rencontre.

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