Formica

Bon dimanche ! Et bon appétit bien sûr !

Encore une fois FabCaro excelle dans l’art de disséquer le genre humain, dans toute son absurdité et sa médiocrité.
Qui n’a pas eu l’occasion de vivre un déjeuner dominical en famille risque-t-il de passer à côté de cet humour corrosif ? Quel nenni ! Car avant tout FabCaro parle de nous, de toi, de lui, d’elle, de l’humain qui est en toi, dans toute sa bêtise et son incongruité. Et cette satire nous tire des fou rires incroyables, parfois acides car plein de souvenirs, parfois francs et cathartiques car rire de nous est une source de santé mentale finalement, et c’est bon de rire Ah Ah, oui c’est bon de rire parfois.
À table, la panique monte car aucun sujet de conversation ne vient, et le silence convoque le pire. Et le pire appelle le délire, et le délire engendre le no-limit, un lâcher-prise complet. Et cette folie douce dans laquelle sombre les personnages de cette tragédie neo-antique nous entraîne loin. C’est jubilatoire ! C’est sain.

Un cocktail déjanté mêlant l’ubris des MontyPython, le nimportnawak des Nuls, l’exubérance de Buster Keaton, l’irrévérence de Pierre Desproges tricoté avec délice et brio par un FabCaro déchaîné. Unique !

Tout est possible, et chaque détail est croqué avec perspicacité : un huis clos explosif où tout part en vrille en quelques minutes, pour notre plus grand plaisir.
Après Le discours, qui rappelle la même unité de lieu et de temps (un repas en famille), ce Formica, tragédie sarcastique en 3 actes, va vous tirer les larmes… de rire, évidement.

Ô merci à toi troubadour du croquis ubuesque ! Merci pour ce moment de pur extravagance désopilante !
Merci pour faire naître ces petits bijoux surréalistes, je me sens moins seule dans l’univers de savoir qu’on peut rire ainsi ensemble. Coeur avec les doigts, tous les doigts.

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La maison de la plage

Une histoire de famille qui vous happe et vous transporte entre les époques, en vous tenant par le bout du coeur.

L’émotion monte progressivement et intensément. 

Cette maison familiale vous ouvre les portes de ses souvenirs sensibles et touchants. Un travail sur le rythme et la couleur particulièrement soigné, jeux d’ombres et de lumières selon les heures de la journée, selon les tranches de vies des protagonistes et les humeurs. Oui, voilà, j’ai aimé, profondément.

Bientôt plus sur le blog car ces personnages et leurs destins croisés sont véritablement attachants, on a du mal à les quitter.

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Les heures souterraines

20 mai.

Et vous, qu’avez-vous fait ce 20 mai ? Quel autre parcours de vie avez-vous percuté ? 

Mathilde et Thibault, deux détresses aux aboies face à deux source de douleur, l’entreprise et ses abus de pouvoir pour elle, la ville étouffante et un amour vain pour lui. Deux blessés, deux chemins, deux souffrances. 

Magnifiquement interprété par Marianne Epin.

 

 

 

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Figurec

Merci monsieur FabCaro d’avoir commis ce bijou déjanté dont l’univers totalement barré nous rend addicted en moins de 2 pages.

Une folie douce et férocement drôle dans laquelle plonge le narrateur de plus en plus profondément et dont on se repaît délicieusement.

Toujours plus loin dans l’ironie irrévérencieuse, toujours plus haut dans l’absurdité désopilante, aspirant le lecteur totalement accro dans une spirale infernale et extatique. « Mais non, mais il le fait ! » Et dire que j’aurai pu passer à côté de ce plaisir ? À s’acheter un radiateur pour s’y frapper la caboche de regret. Ouf ! 

À lire et à relire pour la finesse de l’écriture,  la suave impertinence d’oser proposer une aventure littéraire de cette qualité, les dialogues les plus improbables du répertoire post-moderne, des images mentales hallucinantes projetées malgré vous dans votre cerveau pur (si si).

Mais j’adore trop trop quoi ! ENCORE !

 

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No et moi

Encore une fois, il n’est jamais trop tard pour vivre ce type d’émotions.

Un truc étrange depuis quelques temps, l’enfance frappe à la porte de tout ce que je lis.

Pas si étrange, pas si étanche…

Sous la forme de chemin chaotique et inespéré comme la rencontre big-bang de cette fragile No et de cette incroyable Pépite, Lou, ce petit bout d’humain au grand coeur, porté par une maturité qui l’encombre parfois et lui donne cette force improbable, cet amour pur qui peut abattre les murs du silence et ouvrir le champs des possibles, parce que si on veut on peut, parce que lorsqu’on se promet d’être ensemble, on doit se battre pour cette promesse, une promesse pour la vie, pour le meilleur et pour le pire.

Après Les Loyautés (qui résonne encore par la force du propos, la finesse des sentiments retranscris, le cri d’alarme d’une adolescence qui tâtonne au point de se risquer de se brûler les ailes à tout prix), ce roman No et moi paru il y a déjà 12 ans n’a pas pris une ride. La justesse de la voix de cette jeune narratrice est troublante face au silence de sa mère, son abandon, l’urgence du coup de foudre avec No qui sombre.

Beaucoup de violence, beaucoup de tristesse, quelques éclairs de soleil qui rallume l’espoir et cette fureur de survivre qui vous emporte et vous chahute le coeur au fil des pages.

Une fillette hors norme, intellectuellement précoce, comme ils disent sans vraiment comprendre ce que cela signifie, une observatrice méticuleuse qui depuis son silence questionne la Vie, s’interroge sur ce et ceux qui l’entourent, cogite et ressent tout avec une folle et nouvelle intensité.

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