Hématite – T.1 Sérénade

« Ne laisse pas la peur guider ta vie »

Sortie en avril dernier et dévorée tout de suite, il était temps de partager ici l’avis sur cette très chouette BD posté sur le blog il y a quelques temps.

Encore une fois, la couverture très réussie donne envie de découvrir ce personnage un peu torturée et si énigmatique.

Hématite – quel nom parfait – est une adolescente presque comme les autres à la différence près qu’elle est une petite vampire végétarienne passionnée de poésie. Issue d’une famille illustre de vampires, les Blackwood, elle vit dans un monde étrange où se côtoient humains et créatures fantastiques. D’un caractère sombre et rebelle, Hématite refuse d’accepter sa condition de vampire, préférant les soupes de légumes au sang chaud et être scolarisée dans une école mixe, la Wolven school et non à l’académie Diaemus aves ses congénères. Être différent et avoir du tempérament n’aide pas toujours à se faire des amis, mais Hématite peut compter sur Drunela, sa fidèle amie goule. En conflit avec ses parents et peu entourée, elle se réfugie dans l’écriture et la poésie, un penchant romantique fortement accentué par son amour secret pour Emile, un humain passionné de sciences occultes.

Mais Hématite est mal dans sa peau, partagée par des sentiments qui la submergent, soit qui accentuent sa timidité et sa solitude, soit qui déclenchent chez elle des accès de colère qui l’effrayent car elle ne peut en juguler la violence.

Continue Reading

Lettre à toi qui m’aimes

« Regarde-moi clairement un instant :
entre nous, il y a un paquet de trucs qui n’arriveront jamais. »

Comment savoir si on se plait ? Et quand l’amour est à sens unique, que faire, que dire ? Faut-il briser le cœur dans l’œuf avant qu’il ne saigne ?

Pénélope, Dudley et Jobs recrutent un nouveau guitariste pour répéter avec leur groupe hors du lycée. Yliès, un ténébreux et énigmatique métalleux aux yeux de velours. Or l’amour s’invite dans cette bande de potes : Yliès aime Penny mais ce n’est pas réciproque. Si Penny joue avec les limites au début, elle sait vite que rien ne se fera. Yliès se pâme, Penny tente d’éteindre les feux mais le poids de ce amour obsessionnel et unilatéral est étouffant.

C’est une voix qui parle tout au long de ce récit hybride, entre roman épistolaire et journal intime, échanges sms ou mails, dialogues et réflexions intérieures. C’est la voix de celle qui n’aime pas, point de vue inédit qui démonte les archétypes du roman d’amour.

Quel rythme, quelle musicalité dans l’écriture où chaque phrase ciselée comme un poésie convoque les émotions, fait vibrer les cordes sensibles et percute avec justesse ! Une non-liaison dangereusement inflammable, une confession intime de celle qui n’aime pas vers celui qui se meurt d’amour, amante inaccessible et amoureux transi friendzoné. Je n’ai pas lu ce texte, j’ai écouté Penny me le murmurer avec sa voix de bourreau inconscient qui a pris tout l’espace sonore dans ma tête. Un récit en vers libres qui pulse, à vivre d’une traite.

BONUS EXCLUSIF – BONUS EXCLUSIFBONUS EXCLUSIF
↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓ ↓

Et qui de mieux que les personnages du roman pouvaient poser des questions à l’autrice sur son ouvrage ? Impossible ? Carrément possible ! Une interview exclusive de Julia Thévenot par Pénélope, Yliès et Dudley en personnes.

Continue Reading

Outrageusement romantique

Nouvel opus dans la collection Court Toujours et toujours aussi réussi. Prêt à plonger ? On plante le décor : un adolescent traine ses 14 ans en vacances en bord de mer. Pour amplifier le spleen : la pluie, des parents et une petite sœur pénibles, « ma mère a la force de persuasion des marées. De l’érosion ». Et l’ennui, le sentiment de décalage, d’être hors de cette vie, l’introspection. « Cet été-là, le soleil semblait avoir disparu du monde. »
Quand soudain, le choc, la rencontre d’un regard, celui de l’énigmatique Louise, inoubliable, absolue. Tout est chamboulé. Romantique ? Oui, et alors ! En secret avec Louise, il apprend la guitare ; il rêve à cet amour naissant qui l’obsède.

Ensemble, ils se complètent, ils s’accordent si bien selon lui, même si les parents ne s’en rendent pas compte. Une attirance mystérieuse, troublante, entre rêve et réalité, entre fantasme et souvenir, entrainés l’un par l’autre par l’envoûtante Chaconne de Bach. Et puis un coup de tonnerre ! Palpitant !

Je suis fan du format « nouvelle » qui embarque dès les premières lignes et promet un rythme soutenu vers la résolution d’une tension souvent « dramatique » (au sens théâtral) en peu de pages. Exercice difficile mais remarquablement réalisé par Manu Causse portant la voix de cet adolescent frappé par un coup de foudre. Pas de prénom, cela pourrait être vous ou moi, un choix qui implique encore plus le/la lecteurice. Et quel titre ! Le ton un peu sarcastique de cet ado mal dans sa peau sonne juste et prend le cœur, puis la tension monte d’un cran. Comme un éblouissement, le texte prend un autre éclairage lorsqu’il est question de Louise, l’espoir est là, le désir s’éveille, la confession du trouble qui prend ce jeune garçon et le dépasse touche par sa sensibilité.

Continue Reading

Izzie Nobody

Izzie entre au lycée. Cela pourrait paraître banal mais pour elle c’est un changement de vie complet. Vivant dans un quartier populaire, elle intègre un établissement très côté, très loin de son quotidien. Parce qu’elle est intelligente et que ses résultats sont excellents, la voici projetée malgré elle dans cet univers huppé. Sa mère est si fière de sa réussite, mais ce n’est pas l’avis d’Izzie, étouffée par cet enthousiasme inébranlable si gênant.

Le contraste est violent. Personne ne semble s’apercevoir de sa présence, invisible, transparente, ignorée car décalée. Tous la surnomme la « Nobody ». Après une période de repli sur soi, le caractère d’Izzie va se révéler. Tout bouillonne en elle, elle sent bien que ses réactions ne sont pas toujours les bonnes, mais parler est difficile. Et puis il y a Gustave, un peu écorché vif comme elle, un peu différent comme elle. Leur difficulté à trouver leur place va les rapprocher, tâtonnant sur les moyens de s’ouvrir au monde, de laisser cette petite voix intérieure s’affirmer afin de trouver leur voie.

Continue Reading

Qui es-tu Alaska ?

Rattrapage pour moi avec Alaska suite à la lecture du guide de littérature ado de Tom et Nathan Lévêque : « En quête d’un grand peut-être ».
Ce titre fait directement référence à ce roman où le narrateur explique à ses parents la raison de son départ en citant les derniers mots de François Rabelais sur son lit de mort : “Je pars en quête d’un Grand Peut-Être.” Voilà ma raison. Je ne veux pas attendre d’être mort pour partir en quête d’un Grand Peut-Être. »

Citons @lavoixdulivre : « Dans le « grand » peut-être de Miles, il y a toute l’intensité — voire l’arrogance ! — de l’adolescence.
Les personnages de John Green en traduisent l’essence : ce sentiment de grandeur et d’invincibilité que l’on ressent à cet âge-là. La vie doit être à 100 % ou ne pas être : c’est l’heure des grands sentiments, des grands drames, des grandes histoires d’amour et d’amitié, des grandes premières et dernières fois. »

Voilà.👌

Continue Reading