L’expédition

La couverture de cet album se détache parmi les autres ouvrages tant la composition graphique est captivante.

Bien sûr le choix des couleurs, mais surtout celui du mouvement et de la lumière qui font de cette illustration un véritable tableau qui invite forcément au voyage entre les pages.

Et puis, les mots de Stéphane Servant, plein de poésie et d’émotions pour évoquer le parcours de cette femme pirate éprise de liberté.

Au fil des pages, on la suit dans son voyage incroyable, au rythme des rencontres qu’elle va faire comme celle avec cet enfant dans un port. Un croisement de chemins impromptu à l’origine d’un attachement fort et d’une filiation qui va se créée.
Une relation touchante qui parle de choix de vie, de liberté évidement, d’ouverture d’esprit et de la richesse que représente la rencontre avec l’autre.

C’est une histoire émouvante portée par des images hautes en couleurs qui nous parle de ce que c’est qu’être parent et d’être enfant, de partir loin et de revenir, de vie et de mort, avec beaucoup de sensibilité.

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La Dame Blanche

Estelle est une jeune femme d’une trentaine d’année. Infirmière dans la maison de retraite « Les Coquelicots », elle accompagne les résidents, ceux en fin de vie comme ceux touchés par la maladie d’Alzheimer.

Attentive à leurs besoins au quotidien, elle jongle entre les soins, des parties de cartes et les patients qui s’éteignent dans la solitude. Avec beaucoup de douceur, de bienveillance et de dévouement, elle n’hésite pas à tisser des liens forts et intimes avec ces femmes et ces hommes fragilisés. Son investissement est de plus en plus fort chaque jour, un risque de se perdre elle-même ?

« On est les dernières personnes qu’ils vont voir avant de mourir ».

Après « Appelez-moi Nathan », écrit par Catherine Castro, c’est avec plaisir qu’on retrouve le travail sensible de Quentin Zuttion pour un sujet important, encore une fois traité avec beaucoup de justesse et de pudeur.
Qui sont ces Dames Blanches de l’ombre, celles et ceux qui s’occupent de nos anciens et qu’on considère parfois comme faisant partie du décor? Qui prend soin d’elles, d’eux ?  

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Thomas

« Quand ils ont creusé un trou dans la terre pour y déposer ma maman, ils ont aussi creusé un trou dans mon cœur. »

Dès la couverture, l’émotion de ce petit bout de chou fragile vous saisit et vous n’avez qu’une envie, le prendre dans vos bras pour le réconforter. Thomas a perdu sa maman et son cœur est brisé. La douleur est vive, il est encore si petit. Elle, elle aurait su comment réparer les cœurs brisés, mais Thomas va devoir chercher ailleurs.

Il part en quête et interroge successivement Madame Donatella la couturière, le Dr Kasra, Monsieur Dupuis le menuisier mais personne n’a l’outil ou le talent pour réparer son petit cœur brisé. La solution, il va finalement la trouver en lui, en convoquant les souvenirs de sa mère pour remplir à nouveau ce vide.

« Dans ce grand trou qui avait pris place dans mon cœur, j’ai décidé de mettre de petits morceaux de ma maman »

Auprès de son père, la chaleur d’un rayon de soleil aidant, Thomas recueille l’un après l’autre les petits morceaux d’amour qu’il a vécu avec sa mère, des images ou des odeurs que les photos qu’il feuillètent avec son père lui évoquent. C’est bouleversant, on tourne les pages la gorge serrée et les yeux humides devant la pudeur des émotions de Thomas, qui nous confie avec ses mots à lui tout l’amour pour sa maman. Gonflé de cet amour pur, un sourire s’esquisse entre lui et son père, une promesse de bonheurs à venir.

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Qui es-tu Alaska ?

Rattrapage pour moi avec Alaska suite à la lecture du guide de littérature ado de Tom et Nathan Lévêque : « En quête d’un grand peut-être ».
Ce titre fait directement référence à ce roman où le narrateur explique à ses parents la raison de son départ en citant les derniers mots de François Rabelais sur son lit de mort : “Je pars en quête d’un Grand Peut-Être.” Voilà ma raison. Je ne veux pas attendre d’être mort pour partir en quête d’un Grand Peut-Être. »

Citons @lavoixdulivre : « Dans le « grand » peut-être de Miles, il y a toute l’intensité — voire l’arrogance ! — de l’adolescence.
Les personnages de John Green en traduisent l’essence : ce sentiment de grandeur et d’invincibilité que l’on ressent à cet âge-là. La vie doit être à 100 % ou ne pas être : c’est l’heure des grands sentiments, des grands drames, des grandes histoires d’amour et d’amitié, des grandes premières et dernières fois. »

Voilà.👌

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Jeannot

Ayant suivi semaine après semaine la création des illustrations de Carole Maurel , j’attendais avec impatience de tenir entre mes mains les pages de l’univers de Jeannot, ce nouveau personnage créé par Loïc Clément.

Après Chaussette, Le Voleur de souhaits et Chaque jour Dracula, voici donc l’histoire d’un autre conte des cœurs perdus.

🍃 Avant, pour Jeannot, la vie était belle, simple, heureuse. Et puis après un drame terrible, sa vie bascule. Phénomène étrange, à partir de ce moment là, il se met à entendre ce que disent les plantes, les arbres.

Devient-il fou ou entend-il réellement ces voix végétales ? Cela pourrait paraître féérique, mais pour Jeannot c’est une malédiction, tant leur paroles lui semblent inutiles, voire nuisibles : « bêtes comme leurs racines ».

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