Plus jamais petite

Quel titre saisissant ! Le constat définitif de la fin d’une enfance en trois mots. Quel texte percutant ! Quelle justesse que cette voix vibrante qui dit l’innommable !

La sortie d’un texte de Séverine Vidal est comme un rendez-vous avec un proche, on se réjouit de la rencontre, on écoute la confidence, on partage un moment d’intimité et on ressort enrichi intérieurement.

Comme souvent avec la collection Court Toujours, je choisi d’écouter le texte pour une lecture plus immersive. Un récit initiatique qui prend aux tripes? Un moment charnière de vie adolescente ? C’est exactement ça, encore une fois.

Il s’agit d’une voix qui s’élève, celle de Lucie.

Lucie attend, seule, dehors sur un banc, devant la porte de la maison d’arrêt où est enfermé son père. Elle a décidé, cette fois, d’y aller. Déterminée, elle espère que la confrontation lui permettra de se libérer de ses souvenirs douloureux, de son enfance gâchée, de ce père monstrueux qui n’en est pas un. Mais est-elle prête à affronter celui qui lui a fait tant de mal ? Et moi, impuissante lectrice, suis-je prête à me confronter à la douleur de Lucie abusée ?

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Les Facétieuses

– Dingue ce bouquin… Dis, tu savais, toi, que Louis XVII avait eu une mort tragique parce que les fées ne s’étaient pas penchées sur son berceau ?
– Ben oui, d’où tu sors, on apprend ça au collège ! 
– Zut, je devais avoir piscine ce jour-là… Mais c’était qui sa marraine la bonne fée déjà ?
– Euh, ben, euh… Attends, je vais te le googler vite fait.

Vous aussi, vous aviez piscine non ? Heureusement, Clémentine Beauvais fait toute la lumière sur cette curieuse énigme historique.

Car après quelques échecs littéraires et amoureux apparemment, l’autrice jeunesse de retour forcé en France est sur une piste étonnante, un mystère qui asticote nombre d’entre nous (mais si) : qui était cette marraine la bonne fée dotée de pouvoirs magiques puissants comme ses consœurs de l’époque, comment a-t-elle pu abandonner le Dauphin (c’est flippant) et disparaitre des archives de la Révolution Française ?

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La case 144

Je crois que c’est encore une fois la force d’une couverture qui m’a attirée et donné envie de lire cet album. Il est sorti en mars dernier mais c’est une histoire qui se passe en été, alors je vous invite à cheminer avec Lia vers la case 144 pour découvrir ce qui s’y passe.

Lia a huit ans et pour s’occuper pendant l’été, elle voulait une idée amusante : explorer la ville. Mais pour éviter de se perdre, elle décide de dessiner un long jeu de marelle sur les trottoirs. Ainsi, case après case, elle fera le tour de la ville.

Au fil des cases et des jours, Lia s’aventure toujours un peu plus loin, appréciant les vitrines odorantes du fleuriste comme celle de la galerie d’art, ou encore la confiserie. Sautillant de case en case, elle avait l’impression de posséder les trottoirs de son quartier. Mais plus qu’une craie et il faudra attendre pour que sa mère puisse lui en offrir à nouveau.

Pour éviter que son parcours disparaisse, Lia continue jusqu’à la case qui aurait dû porter le numéro 144, mais un vieil homme l’occupe sur un étrange tapis en carton qui ne semble pas volant pourtant. Intriguée, la petite fille décide d’attendre la journée que ce personnage mystérieux sans chaussures et dont la tasse sur le sol ressemble à une lampe de génie s’en aille de sa case à elle. Piquée par la curiosité, elle commence à lui parler même s’il ne semble pas la comprendre. Et si elle pouvait exaucer son vœu d’avoir de nouvelles craies ? Mais comment 
amadouer le génie ?

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Les enfants véritables

La lecture du précédent roman, « Il est juste que les forts soient frappés », m’avait profondément marquée, au point que la voix des personnages résonnaient encore dans mon esprit.

Une histoire d’amour troublante, familiale et intime, urgente et douloureuse, glaçante et lumineuse pourtant. Et cette voix, ce point de vue externe qui permet de faire le tour des situations, d’entrer dans le cœur des personnages comme de prendre de la hauteur pour mieux les comprendre. Un récit vibrant en somme. D’où le désir de retrouver rapidement Théo et ses proches.
Alors, ce fut une plongée auprès de ces « enfants véritables », un titre qui interroge chacun de nous finalement.

On retrouve Cléo qui a rencontré Théo, deux accidentés de la vie, bien décidés à lutter pour leur droit au bonheur. Chacun avec ses blessures et ses failles, chacun en reconstruction finalement. Il est question d’amour encore, forcément car il pulse au fil des pages, dans ce récit autour de la vie et des proches de Cléo et de Théo. Mais il est surtout question des liens entre parents et enfants, plus puissants que juste ceux du sang.

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Il est juste que les forts soient frappés

Enfin je me plonge dans ce texte, il me fallait trouver le bon moment. Car je sens que ce livre va me serrer le coeur et les tripes. Je veux croire en cette « redoutable puissance du bonheur ».

***

Et voilà, tout juste fini : je vis très souvent intensément mes lectures, comme des expériences de vie qui construisent, qui posent des petites briques au fut et à mesure, soit d’une maison soit d’une route. Le souffle de ce texte m’a emporté, bouleversée par les épreuves de ces personnes rencontrées entre les pages et suivies ligne après ligne. Des larmes arrachées, la gorge serrée car cette voix sonne si juste, si vraie, troublante de vibrations de sursauts de vie et d’espoir. Quel texte ! Touchée en plein coeur. 🙏

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