Un vent tourbillonnant

« Edmond n’avait pas d’apparence, ni de forme ni d’odeur. Il n’avait même pas d’ombre. C’était un tout petit vent et on se fichait bien de son existence. »

Un vent ? Absolument ! Pourquoi un vent n’aurait-il pas, comme vous et moi, des rêves de grandeur ? Mais comment faire pour compter dans la vie des gens comme le Soleil ou la Neige quand on peut à peine faire remuer une mèche de cheveux et qu’on ne compte comme amie qu’une douce mésange bleue apprivoisée durant l’enfance ?

Un jour, l’envie est plus forte : Edmond décide de monter à la capitale pour y rencontrer un coach de vie. Il ne manque pas d’air, diraient certains.

« Ce matin d’avril, Edmond quittait l’enfance. »

Diagnostic : manque de confiance et d’estime de soi, besoin de s’affirmer… Un sacré programme, un challenge à relever ! Un travail sur le souffle s’impose. Mais, c’est encore léger. Alors pourquoi pas un travail en groupe de parole !

De jour en jour, Edmond souffle de plus en plus fort, de manière brutale et intempestive, une vraie tornade. Peut-être est-il allé trop loin dans l’excès de zef, les gens le craignent maintenant. Saura-t-il trouver le bon dosage, apprendre de ses erreurs, trouver l’équilibre entre fougue et caresse, panache et discrétion, la façon de vivre parmi les autres tout en restant lui-même ?

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Selma et Samir

Toujours fidèle à la douceur des mots de Mymi Doinet, je me suis plongée dans l’histoire touchante de Samir et Selma.

Comme pour « Un piano pour Pavel », « Coco n’est pas zinzin » et « Ma vie de dico », Mymi donne la parole aux objets ou animaux pour raconter l’histoire des personnages d’un point de vue extérieur.

Souvent l’occasion d’aborder des sujets forts qui la touche particulièrement comme les errances de foyer en foyer d’un jeune orphelin, la maladie d’Alzheimer ou encore ici les conditions des migrants et notamment celles des enfants.

Samir a 12 ans et il raconte dans ses poésies son histoire, son voyage périlleux qui l’a amené en France, loin de sa « Nahéma » au Mali, sa grand-mère qu’il aime tant.

Selma a 11 ans et prend régulièrement des photos de son univers pour en montrer la beauté, jusqu’au jour où son appareil capture le regard profond et triste de Samir.

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Le chapeau charmant

Avez-vous pris le temps d’observer les nuages récemment, en marchant le nez en l’air ou allongé dans l’herbe ? Un plaisir d’enfance facilement ré-appropriable si vous vous laissez le temps de ce voyage imaginaire. C’est ce que fait cette petite fille pour chasser l’ennui, en cette fin d’été dans ce parc où la chaleur est assommante.

Quand soudain, zouim, elle glisse sur un chapeau. Etrange ce chapeau abandonné. Qui l’a oublié ? S’ouvre alors pour elle le champs des possibles pour cet objet anodin. Elle lui invente plusieurs vies : un grand-père l’aurait perdu pendant sa sieste ? Un gondolier de Venise en voyage à Paris l’aurait égaré en traversant le parc ? Une musicienne qui s’en servait pour récolter quelques sous l’aurait oublié pour rejoindre un admirateur ?


Le lendemain, le chapeau mystérieux est toujours à sa place, l’occasion pour elle de s’imaginer danseuse de claquette ou funambule le chapeau à la main. Elle le respire, et là par magie lui reviennent les mots de son oncle poète. Mais l’orage gronde bientôt. Que va devenir le chapeau sous la pluie ? Pour le savoir, il faudra lire ce roman court si touchant, qui dit combien notre part d’imaginaire fait notre richesse intérieure et que les surprises peuvent surgir au détour d’une branche de prunus.

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On lit trop dans ce pays

Un titre pareil, ça hameçonne, non ? Mais où est ce paradis ? 
Dans le pays de Rose-Bibly, on y lit beaucoup et surtout de tout : « des avalanches de livres, des cyclones, des tornades (…) avec un cerisier au milieu et une jolie ombre bleue pour s’y allonger. Dans ce pays, on lisait comme on cueille des cerises. Juste en tendant la main. » Quel programme !

Au fil des pages, au son d’une ritournelle, on découvre l’ampleur du champs des possibles. « Des histoires avec des moulins à vent, des baleines blanches, des Zazie et des Prince-petit, qui vous font les rêves et les matins en grand. » Hmm ça me dit quelque chose 😉

L’imaginaire de Pef nous entraîne alors au cœur de références bien connues de la littérature, et qui, si elles seront une découverte pour les plus jeunes, feront tilter la mémoire des plus grands, leur rappelant ces lectures d’enfance qui nous construisent. « Trop de livres qui riment », « trop d’images qui bullent en bandes organisées », « trop de livres à penser »… La plume de Daniel Picouly joue avec les sonorités, parsemant le récit de nombreux clins d’œil au patrimoine littéraire.

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Titus et les lamas joyeux

Toujours un chouette moment de découvrir une nouvelle collection pour les premières lectrices et lecteurs.
Et tous les moyens sont bons pour donner le goût de la lecture, le format BD en est un bon exemple.

Titus a un gros problème ce matin, il a découvert un bouton sur son front. C’est la catastrophe ! Il essaye comme il peut de le cacher pendant le petit déjeuner, mais arrivé dans la cour de l’école, il se confie à sa bande de copains, les Lamas Joyeux. 

Romi, Adila, Gédéon et Jo sont formels, il a attrapé le virus de l’acné et il va devenir un ado. « Mais, je veux pas moi ! Je suis trop jeune » répond l’infortuné. Et surtout, si la maîtresse le voit, c’est sûr, elle va l’envoyer au collège. « Nom d’un slip à pois », il faut organiser une réunion d’urgence afin de trouver toutes les solutions pour empêcher le pire : être séparés. Chacun y va de sa bonne astuce, plus ou moins efficace. Mais la mission réussira-t-elle ? Il faudra aller livre cette petite BD pour le découvrir !

Le format BD est très facile pour la prise en main et pour entrer rapidement dans l’histoire. Dès la première page, les personnages sont présentés, chacun avec un caractère bien trempé, on imagine facilement qu’on pourra retrouver chacun d’entre eux au cœur de chaque nouvel épisode. La palette de personnalités permet de s’identifier facilement à l’un deux.

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