Plus jamais petite

Quel titre saisissant ! Le constat définitif de la fin d’une enfance en trois mots. Quel texte percutant ! Quelle justesse que cette voix vibrante qui dit l’innommable !

La sortie d’un texte de Séverine Vidal est comme un rendez-vous avec un proche, on se réjouit de la rencontre, on écoute la confidence, on partage un moment d’intimité et on ressort enrichi intérieurement.

Comme souvent avec la collection Court Toujours, je choisi d’écouter le texte pour une lecture plus immersive. Un récit initiatique qui prend aux tripes? Un moment charnière de vie adolescente ? C’est exactement ça, encore une fois.

Il s’agit d’une voix qui s’élève, celle de Lucie.

Lucie attend, seule, dehors sur un banc, devant la porte de la maison d’arrêt où est enfermé son père. Elle a décidé, cette fois, d’y aller. Déterminée, elle espère que la confrontation lui permettra de se libérer de ses souvenirs douloureux, de son enfance gâchée, de ce père monstrueux qui n’en est pas un. Mais est-elle prête à affronter celui qui lui a fait tant de mal ? Et moi, impuissante lectrice, suis-je prête à me confronter à la douleur de Lucie abusée ?

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19 jours sans Noa

Imaginez un soir d’été, quand la nuit approche doucement et que le temps des histoires commence.

Fermez les yeux. Imaginez un désert oriental avec le sable à perte de vue. Imaginez une tente isolée, quelques étoiles et une voix qui se confie.

Tendez l’oreille et écoutez l’histoire de Cosmo, de sa sœur Salma et de leur frère Noa. Ce dernier a disparu depuis 18 jours et toujours pas de nouvelle. Le soleil tape fort et il faut se protéger. Attendre et espérer. Mais avec cette chaleur, il faut se ravitailler en eau. C’est la tâche de Cosmo, allez au puit, sans se distraire sur le chemin, pas toujours facile quand on est un rêveur.

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Ô Sisters

Un road-trip à travers la France, pendant un été en pleine période bouillante des années 70 avec une bande son mythique, ça vous dit ? Moi, oui !

Dès la couverture (bravo pour la composition !), j’ai eu envie de plonger dans cette histoire aux teintes Flower Power. Mais c’est surtout l’écriture de Cécile Roumiguière associée à celle de Julia Billet qui m’intriguait.

Un récit à quatre mains pour donner la voix à plusieurs femmes, sur trois générations, et révéler des secrets de famille, forcément, ma curiosité a été piquée.

1974. Deux jeunes filles, Janig et Macha, même âge, mêmes yeux bleus pailletés d’or, mais deux vies différentes à des centaines de kilomètres l’une de l’autre. Janig vit à Narbonne au milieu des vignes et s’ennuie profondément dans cette école de secrétaire qui est bien loin de la vie à laquelle elle aspire, une vie où la musique et la chanson pulsent au plus profond d’elle-même. Macha étouffe dans son lycée militaire parisien où elle est pensionnaire. Tout comme la société qui les entoure, elles rêvent de liberté.

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Les enfants véritables

La lecture du précédent roman, « Il est juste que les forts soient frappés », m’avait profondément marquée, au point que la voix des personnages résonnaient encore dans mon esprit.

Une histoire d’amour troublante, familiale et intime, urgente et douloureuse, glaçante et lumineuse pourtant. Et cette voix, ce point de vue externe qui permet de faire le tour des situations, d’entrer dans le cœur des personnages comme de prendre de la hauteur pour mieux les comprendre. Un récit vibrant en somme. D’où le désir de retrouver rapidement Théo et ses proches.
Alors, ce fut une plongée auprès de ces « enfants véritables », un titre qui interroge chacun de nous finalement.

On retrouve Cléo qui a rencontré Théo, deux accidentés de la vie, bien décidés à lutter pour leur droit au bonheur. Chacun avec ses blessures et ses failles, chacun en reconstruction finalement. Il est question d’amour encore, forcément car il pulse au fil des pages, dans ce récit autour de la vie et des proches de Cléo et de Théo. Mais il est surtout question des liens entre parents et enfants, plus puissants que juste ceux du sang.

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Il est juste que les forts soient frappés

Enfin je me plonge dans ce texte, il me fallait trouver le bon moment. Car je sens que ce livre va me serrer le coeur et les tripes. Je veux croire en cette « redoutable puissance du bonheur ».

***

Et voilà, tout juste fini : je vis très souvent intensément mes lectures, comme des expériences de vie qui construisent, qui posent des petites briques au fut et à mesure, soit d’une maison soit d’une route. Le souffle de ce texte m’a emporté, bouleversée par les épreuves de ces personnes rencontrées entre les pages et suivies ligne après ligne. Des larmes arrachées, la gorge serrée car cette voix sonne si juste, si vraie, troublante de vibrations de sursauts de vie et d’espoir. Quel texte ! Touchée en plein coeur. 🙏

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