En plein vol

Sous les pavés, la rage…

Après Quand vient la vague, le duo Forgetton/Tixier nous embarque à nouveau aux côtés de la bande de Nina, Romane, Jules, Clément… Un roman toujours à deux voix, au rythme de deux vies, au carrefour d’une histoire commune, encore une fois. Entre les ruelles parisiennes et les échos de l’océan atlantique. Entre ombres et lumières.

La voix rebelle de Jules, écorché vif, compagnon de fugue de Nina, ivre de colère contre le monde qui lui semble en faillite. La voix intériorisée de Romane, sur les traces de ce personnage pilier qui a permis à son amie Nina de trouver sa voie, éblouie par l’autre côté du miroir que lui reflète Jules, réveillée par un monde qu’elle ignorait. Car il est question de voies, de cheminements personnels, de trajets de vies percutées par le fracas de la réalité.

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Quand vient la vague

Mais quel dernier chapitre ! Une famille, un frère, une soeur, une disparition, un mystère… Et puis une quête parallèle.
Nina a disparu depuis plusieurs mois. Clément, son frère, se « réveille » enfin, prend conscience du manque lié à l’absence inexpliquée de sa soeur et part à sa recherche. Une histoire de famille qui questionne les liens du sang. Chapitre après chapitre, le lecteur suit le cheminement du frère et celui de la soeur, en parallèle, décalé dans le temps. 

Chacun à leur tour, avec leur façon de penser et de réagir, ils sont confrontés à de rudes révélations, bousculés dans leurs convictions, dans leur schéma familial, amical et amoureux. Le temps d’une vague qui les submerge métaphoriquement l’un après l’autre, et leur vie est remise en question.

Un récit qui interroge le regard de l’autre sur soi, le mystère qui entoure les proches finalement. Connait-on vraiment les gens avec lesquels on vit ? Ses parents, ses frère et soeur ? 

Comme un road-trip entre Lacanau, Bordeaux et Paris à la recherche de la vérité, Nina et Clément sont déterminés à la trouver car elle leur est due, « on vous doit la transparence » soit-disant…

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Signé Poète X

J’ai pris mon temps, je l’ai dégusté ce roman/slam, ce cri du coeur, ces mots étouffés enfin révélés et lancés au zénith d’une adolescence qui bouillonne. Et j’ai bien fait !

Xiomara… un prénom qui restera. Contre les insultes, les rumeurs, le carcan familial, elle étouffe, ses poings se serrent et la révolte gronde en silence. Page après page, sa voix commence à trouver sa voie. L’écriture apaise son malaise, mais rien ne sort, les mots se cachent au creux d’un carnet, au fond d’elle même. Et puis, une lumière qui pointe au loin, un club de poésie où les mots naissent façon slam.

Un récit rythmé, dialogue intérieur, entre confession et invocation, l’histoire d’une mutation, d’une révélation, d’un épanouissement bouleversant.

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Falalalala

Hep, psttt, toi là-bas ! As-tu fait ta lettre au Père Noël ? Pas encore ? Trop tôt ? Je ne crois pas, mon ami.e. Il n’est jamais trop tôt pour faire une lettre au Père Noël de la Vie ! Car c’est exactement ce que le dernier roman Falalalala de Emilie Chazerand me donne envie de faire, une fois la dernière page tournée. (Non mais ce titre !! Non mais cette couverture !! Non mais cette écriture de ouf !! Non mais merci de tout ça !! Non mais cours acheter ce livre !!) 

Car ce livre est une ode à la vie, à profiter de chaque seconde, de ceux qu’on aime, nos proches et nos moins proches, ceux qui arrivent et ceux qui partent. Et tout ça dans une explosion de rebondissements désopilant-émotionnants totalement jouissifs (si, si). En un mot : « Fantastibuleux » !

Alors voilà, oui, ce roman est de toute beauté et de grande nécessité ! Nom d’un Bredele, j’ai savouré chaque friandise mises en mots par la fabuleuse Dame Emilie. Et ce fut un régulier lâché de commentaires vocaux pour mon entourage (famille et/ou baignoire) pendant ma lecture : des « nooon, mais elle ose, c’est trop bon » fourrés d’éclats de rire, des « oh mais oui » fulgurants au rythme de chaque punchline feudartifiesque et des « eh beh c’est malin tiens » aux lèvres serrées et menton tremblotant, touchée par une émotion brute qui m’a serré le coeur.

On ne peut pas résumer l’histoire en quelques lignes (parce qu’il faut courir acheter ce roman pour le dévorer, on te dit !) mais on peut t’allécher, lectrice, lecteur… Car tu vas vivre des émotions fortes aux-côtés de la famille Tannenbaum, et tout particulièrement de Richard, 19 ans, seul « grand » d’une famille composée de « petites » personnes aux tempéraments « XXL » avec en tête de liste, Bettina, Fritzi, Katinka, Zella, Leni, Herta et… Ludovika ! Accroche-toi, car c’est parti pour plus de 400 pages de folies montagnerussiennes auprès de gens normalement bizarres et bizarrement normaux. Alors préviens ton coeur (et tes zygomatiques), ça va secouer chéri.e.s !

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Formica

Bon dimanche ! Et bon appétit bien sûr !

Encore une fois FabCaro excelle dans l’art de disséquer le genre humain, dans toute son absurdité et sa médiocrité.
Qui n’a pas eu l’occasion de vivre un déjeuner dominical en famille risque-t-il de passer à côté de cet humour corrosif ? Quel nenni ! Car avant tout FabCaro parle de nous, de toi, de lui, d’elle, de l’humain qui est en toi, dans toute sa bêtise et son incongruité. Et cette satire nous tire des fou rires incroyables, parfois acides car plein de souvenirs, parfois francs et cathartiques car rire de nous est une source de santé mentale finalement, et c’est bon de rire Ah Ah, oui c’est bon de rire parfois.
À table, la panique monte car aucun sujet de conversation ne vient, et le silence convoque le pire. Et le pire appelle le délire, et le délire engendre le no-limit, un lâcher-prise complet. Et cette folie douce dans laquelle sombre les personnages de cette tragédie neo-antique nous entraîne loin. C’est jubilatoire ! C’est sain.

Un cocktail déjanté mêlant l’ubris des MontyPython, le nimportnawak des Nuls, l’exubérance de Buster Keaton, l’irrévérence de Pierre Desproges tricoté avec délice et brio par un FabCaro déchaîné. Unique !

Tout est possible, et chaque détail est croqué avec perspicacité : un huis clos explosif où tout part en vrille en quelques minutes, pour notre plus grand plaisir.
Après Le discours, qui rappelle la même unité de lieu et de temps (un repas en famille), ce Formica, tragédie sarcastique en 3 actes, va vous tirer les larmes… de rire, évidement.

Ô merci à toi troubadour du croquis ubuesque ! Merci pour ce moment de pur extravagance désopilante !
Merci pour faire naître ces petits bijoux surréalistes, je me sens moins seule dans l’univers de savoir qu’on peut rire ainsi ensemble. Coeur avec les doigts, tous les doigts.

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