Grizzli et moi

(c) Rouergue

Humm, humm, il était une fois l’histoire d’une chaussette et d’un chat ? Euh, comment dire ? Vous êtes sûr du sujet car, bon, voilà, c’est pas trop punchy sexy comme entrée en matière, non ? Ok, les aventures d’un chat avec des bottes, ça a bien marché, j’avoue. 

Ah mais voilà, cette chaussette n’est pas une chaussette comme les autres. Orpheline suite à une sombre histoire de machine qui n’a pas bien tourné, Dorothée a décidé de tout dire sur son ami Grizzli, de narrer ses péripéties au quotidien, des plus futiles aux plus risibles, avec flegme et fil-osophie (normal quand on est une chaussette).

Une chaussette éthologue, équipé d’un sens de l’observation bien aiguisé, doté d’un sens de l’humour subtil très analytique, et qui a décidé de prendre la parole ? Ok, je fonce ! 

Moi, Dorothée, chaussette rayée rouge et blanche, molle mais libre, je suis ici pour parler de son quotidien, ses exploits (quand il y en a), ses doutes, ses hésitations et ses échecs (il y en a beaucoup). Ce livre est un monument à la gloire de mon ami Grizzli…miaou !

Voilà, le tableau est dressé et c’est une plongée directe dans l’univers surréaliste de ces deux inséparables. Douze moments de vie improbables d’un chat mou, un peu déjanté, relatés par sa fidèle chaussette : comment choisir un prénom en baillant, l’étonnante tactique d’ouverture de porte avec ou sans clé (peut être douloureux), survivre chez le vétérinaire en compagnie d’un appareil à raclette, le combat ubuesque mais tellement cinématographique contre un parapluie (je ne vous dis pas qui sortira gagnant), voyager en enveloppe, la riposte du ninja face à l’attaque fourbe d’une feuille d’arbre extra-terrestre, savoir passer du mode paillasson au mode furtif sans briser la porcelaine mais aussi merguez, sieste et philosophie !… JU-BI-LA-TOIRE !

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Dingosaures

(c) edl

Vous aussi vous connaissez un petit bout de chou, comme Giacomo, qui invente des animaux imaginaires ? Du genre, le Mouchon (mi-mouche, mi-cochon), la Libérafe (allez, cherchez un peu, un herbirore volant…) ou encore l’Elépard (qui court très vite malgré un longue trompe trainant par terre)… Non ?

Et côté Préhistoire, avez-vous déjà entendu parlé du Fripouillosaure (un sacré coquin), du Broutosaure (l’ancêtre du mouton) ou du Grognosaure (qui, à ce qu’il paraît, me ressemble beaucoup, surtout le matin au réveil) ? Toujours pas ?

Alors, allez vite découvrir ce tout nouvel album cartonné aux couleurs pêchues qui vous propose un voyage désopilant au pays des monstres gentils.

Giacomo, un paléontologue très créatif, vous en présente quelques-uns : le Câlinosaure d’une douceur légendaire (moi, j’en ai un chez moi, mais chut !), le Proutosaure qui est une arme redoutable contre ses ennemis dinos, le Crétinosaure qui ne sait plus s’il est herbivore ou carnivore, le Snifosaure qui pleure tout le temps, le Berkosaure si dégou-beurk que seule la femelle berkosaure adore embrasser ?

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Super Cagoule

(c) Seuil Jeunesse

Énorme coup de coeur ! Un classique !

Foutch, foutch, foutch… Ce doux et croustillant bruit de pas s’enfonçant dans la neige fraiche… Dès la première page et d’un mot, l’ambiance est posée. La mine renfrognée, le menton boudeur, une petite poulette à lunettes s’avance en râlant, pas du tout réjouie de devoir porter une cagoule rouge.

Et surtout, tu la gardes bien sur la tête, hein !

Gnan, gnan, gnan… Vous aussi, vous auriez marmonné ainsi, rongeant votre frein de devoir supporter cette infâme cagoule qui pique et qui gratte, en plus d’être moche.

On l’a tous vécu et on le fait subir à nos bambins (allez avouez !) : obligé de devoir sortir dehors accoutré d’un horrible heaume en laine, pour ne pas attraper froid.

Ben voyons !

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La fourmi rouge

(c) Sarbacane

Révolte, colère, rébellion, fureur, sentiment d’injustice, secrets, instabilité, hobbies bizarres, phobies hors du commun, jalousies, désarroi, critique acerbe, méchanceté gratuite, humiliations, honte, mensonges, humeur écrasante… autant de caractéristiques pour définir un chantier en pleine construction : l’adolescence.

Vania le sait bien, elle nage en plein de dedans, voire elle s’y noie presque. À quinze ans, le constat peut sembler rapide sur un aussi court chemin de vie parcouru ? Et bien non, pas pour certains échantillons du genre humain comme Vania Strudel, lancée de plein fouet contre le mur de la réalité et son crépis abrasif. Ça pique, ça mord, ça déchire, ça se débat… la vie quoi ? Une bonne dose de déceptions et de rêves avortés contenus avec difficulté dans un petit être en quête de devenir justement. Quand on pense être tombée sur la case banqueroute de la roue de la vie, on croit devoir en baver à chaque portion d’air inspiré.

Au fond, je suis surtout handicapée par une propension irrépressible à tout faire de travers.

En même temps, avec un œil mi-clos façon Colombo et « un blase de protège-slip accolé à une pâtisserie autrichienne bourrative » c’est pas gagné-gagné, vous me direz, ma bonne dame. Quitte à être nulle, autant être la présidente du Club des Minables et le revendiquer, non ? Mouaip…

Youpi. La moitié de mes chers camarades m’appelle Tampax et le reste opte pour Strud’ball.

Vous êtes bien accrochés ? Car, la Fourmi Rouge, c’est du lourd, coco, du dense, du sérieux. Un roman initiatique où l’héroïne vous embarque sur le grand huit de son adolescence : loopings de fous rires, dégringolades de hontes passagères, écrasement sous la douleur sourde d’une enfance traumatisante, coups de gueule bien hystériques et aux dommages collatéraux explosifs… Et toujours la mèche rebelle et le menton frondeur levé bien haut.

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Il faut sauver la lune

(c) T. Magnier

Attraper un coup de soleil, on connait. Mais un coup de lune ? Si, si, c’est possible. Valentin Duluoz, ce jeune rêveur timide et solitaire, s’en moque. La lune, lui, il l’aime, tout simplement. Elle le captive, elle l’attire, de façon magnétique, comme un refuge. Si bien que cela pose un réel problème à ses parents, des industriels de la cosmétique-minceur trop débordés pour s’occuper de lui, à sa gouvernante qui le tyrannise, à son professeur, et même au président de la république.

Valentin Duluoz n’était pas un enfant comme les autres. Il ne sortait presque jamais de chez lui, n’avait ni visite ni ami, et passait le plus clair de son temps à regarder… la lune ! (…). Un spectacle dont jamais il ne se lassait. À tel point que les rares adultes qu’il croisait le lorgnaient d’un air agacé, lui, le rêveur solitaire.

– Mais enfin ! pensaient-ils. Pourquoi cet enfant perd-il un temps précieux à guetter ce ridicule machin là-haut ? N’aime-t-il pas notre monde ? Est-ce que nous ne l’intéressons pas ? Sans doute est-il bête, tout simplement ! Bête comme ses pieds. Bête comme chou. Bête comme… la lune, tiens, qui le passionne tellement ! Et c’est ainsi qu’était jugé Valentin, sans que personne ne prenne la peine de le comprendre…

Mais voilà qu’arrive une étape décisive dans la vie de Valentin : il fait sa première rentrée scolaire. Un espoir pour sortir de sa solitude ? La confrontation de sa différence avec ses petits camarades va se révéler douloureuse. Ridiculisé à cause de son bégaiement qui le handicape, Valentin se renferme et se réfugie dans l’observation de la lune, encore une fois. Or, son attirance pour l’astre est si contagieuse que les enfants de l’école s’arrêtent pour admirer le croissant, provoquant une pagaille pour l’équipe enseignante.

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