Raoul Taffin – Super Héros

CATASTROPHE !!! L’heure est grave, c’est la pagaille, le bazar total, si ça continue comme ça, il va falloir que ça s’arrête !!! « La présidente du gouvernement mondial » vient de lancer le compte à rebours :  Super Raoul doit sauver l’humanité ! Grzittzitt, gruttshhpp, Grouikkmish… Allo ? ALLO ? 

Mais que se passe-t-il donc doudou dis donc ? On est à deux doigts du chaos : IL FAUT SAUVER LE SOLDAT ROOM… Hein ? Euh… IL FAUT SAUVER LA CHAMBRE ! Allez hop, Super Raoul a une heure et pas une minute de plus pour faire de cette mission impossible un succès interplanétaire. Tu connais pas Raoul ? Et, bien, tu vas être servi, moi je te dis. 

Vers l’infini et au-delà ?

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La quête du Preux Chevalier Philibert parti terrasser le dragon pour noyer son ennui

Connaissez-vous le Preux Chevalier Philibert ? Non ? Mais si, celui qui a terrassé le terrible dragon effrayant à l’autre bout du Royaume ! Pas du tout ? Allez, un effort, celui dont le courage n’a d’égal que sa persévérance ! Toujours pas ? 

Bon alors, c’est une chance car il faut IM.PÉ.RA.TI.VE.MENT lire cet album qui combine avec efficacité l’audace du sujet traité par Anne-Gaëlle Balpe (original, drôle et tendre) et le talent fou de Guillaume Plantevin (je suis FAN, je suis FAN, je suis FAN!) qui nous embarque dans son univers graphique si attachant.

Dès la couverture, j’avais entièrement craqué. Rien que le titre est déjà irrésistible : « La quête du Preux Chevalier Philibert parti terrasser le dragon pour noyer son ennui ». Il fallait oser ! Une promesse un peu folle à la Monty Python Sacré Graal, les deux bouilles des protagonistes dont ce dragon en herbe totalement craquounet, cette forêt mystérieuse et ce mouvement en avant : tout invite à ouvrir le livre et se plonger dans l’aventure de ce chevalier un peu hors du commun qui n’a finalement d’autre ennemi à combattre que… son ennui. 

Car voilà, « depuis que le royaume est en paix, plus aucun ennemi digne de ce nom ne pointe le bout de son nez ». Tel Alfred de Vigny dans « Servitude et grandeur militaires » et autres romantiques Lamartine ou Chateaubriand regrettant de ne pas avoir connu LA guerre (oui, je sais, c’est osé comme référence), Philibert s’ennuie à mourir. Et, ni la chasse, ni les joutes contre des mannequins en bois, ni les tournois ne peuvent ranimer la flamme du danger imminent et mettre à l’épreuve son courage. La loose, quoi.

Quand connaîtrai-je à nouveau le danger ?

(c) G. Plantevin

Alors que notre Philibert en était presque à se lancer dans le macramé ou le tricot de cote de mailles végétales, voilà-t-y-pas que la rumeur gronde : UN DRAGON ! AU SECOURS ! Quoi ? Qui ? Où ? Mais c’est pour moi, ça, un dragon !

Allez hop, notre Ivanhoé dépressif saute dans son armure, attrape sa pseudo Excalibur, et direction la grotte où sévit ce terrible monstre. Ça va saigner velu, bébé ! Mais une surprise de taille attend Philibert.

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Louise

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi »…

Qu’est-ce que l’amitié ? La découverte d’une autre île ? Une rencontre avec un autre soi ? Une route que l’on prend avec son alter ego ? Une épaule pour se reposer, pleurer, se réchauffer ? C’est tout cela. Pas de définition arrêtée, c’est un peu de moi, un peu de l’autre et beaucoup de nous, ensemble.

Louise est fière et forte, comme une petite guerrière… Enfin, c’est ce que les autres croient… Car derrière sa taille imposante et sa longue chevelure, Louise dissimule une grande solitude. Derrière sa carapace de guerrière, Louise se cache pour pleurer et ne trouve de refuge que dans la nature.

Qui savait qu’elle rêvait de fuir en suivant la route des hirondelles ?

La couverture peut intriguer, peut être même inquiéter, comme un tableau post-moderne. Et pourtant, ce très bel album en noir et blanc parle d’un sujet qui préoccupe les petits comme les grands : l’acceptation de la différence et la confiance dans autrui. Prendre le pari que l’autre peut vous aider, vous accepter avec vos différences et vous ouvrir son coeur, quel beau challenge !

Car voilà : Louise rencontre Louise. Si les deux fillettes portent le même prénom, tout les oppose et pourtant le coup de foudre de l’amitié opère, sans avoir besoin de s’expliquer. « Parce que c’était elle, parce que c’était moi »…

Sans que l’on sache pourquoi, elles sont devenues amies.

Au contact de son double, de ce reflet vivant, Louise n’a plus peur du regarde des autres, et se métamorphose. Elle s’ouvre, se confie, partage ses peines et ses joies et se construit.

Ce qui est certain, c’est que depuis pour Louise, le monde est devenu plus doux.

Si le sujet peut paraître classique – la naissance d’une amitié entre enfants – le traité graphique singulier rend la lecture envoûtante. Le récit très épuré, telle une poésie avec des effets d’échos, entre en résonance avec le pouvoir d’évocation des illustrations. J’ai aimé le traité minimaliste façon fusain, en totale harmonie avec la force du message.

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il faudra

TL . OT.

Il y a des rencontres nécessaires, évidentes, comme des croisements de vie inéluctables. C’est ainsi que je ressens, à chaque fois, le petit choc, le mini séisme, le réveil en quelque sorte, à la sortie d’un livre qui me (re)construit. Il n’en faut pas beaucoup, quelques mots justes, quelques images magnétiques et le voyage est là…

En plongée dans l’un des bacs de mon Libraire Le Divan Jeunesse, j’avoue m’être arrêtée sur une couverture rouge et fleurie qui m’a tapée dans l’oeil… Et puis, ce titre court comme une poignée de lettres, presque malingre. Sans majuscule, sans ponctuation, en toute simplicité, comme en suspension, sans début, sans fin… Juste une injonction qui vous interpelle et vous invite à aller plus loin, à tourner la page et entrer dans l’histoire.

L’enfant était assis là sur son île.
Il regardait le monde et réfléchissait.

J’avoue avoir souri en lisant le nom de l’auteur et celui de l’illustrateur, mise en appétit par leur talent respectif et par la curiosité de les découvrir dans un exercice inédit pour moi. Et j’ai plongé. En apnée. Pendant quelques secondes, quelques minutes, je ne sais plus, le temps s’est arrêté pour que j’écoute ce que cet enfant, depuis son île, le ventre rond de sa mère, avait à dire, à me dire. Un constat sur les maux de la planète, comme un manifeste, brutal mais terriblement juste, et toujours cruellement d’actualité.

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La retraite de Nénette

Les enfants parisiens connaissent bien ce lieu un peu étrange, hors du temps, qu’est la ménagerie du Jardin des Plantes. Un endroit où les petits urbains peuvent découvrir différentes espèces animales, malheureusement enfermées et avec peu d’espace libre. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours été aimantée par l’enclos entièrement vitré des orangs-outans. Rien que l’évocation du nom de l’animal, énigmatique, me projetait dans un univers imaginaire très riche… On collait son nez sur la paroi, et si, par chance, l’un d’eux était près de vous, il était alors possible de poser, délicatement, sans geste brusque, sa main à plat sur la vitre en espérant qu’il ou elle pose aussi la sienne. Et l’on entrait ainsi en contact, en silence. Impressionnant échange compte tenu de la taille imposante de ces mammifères.

Nénette était l’une de ces orangs-outans, j’ai donc eu sans doute la chance de croiser son regard triste un jour de promenade dans cet endroit où j’aime toujours me retrouver. Un lieu de l’enfance, privilégié, un peu comme un refuge, un espace-temps régressif, délicieux à déguster, encore et encore.

Ce fut donc comme une évidence que le livre de Claire Lebourg me fit de l’oeil, au détour d’une étagère lors de la conférence de presse de l’école des loisirs. Petite boule orange acidulé, entourée de feuilles automnales, Nénette m’a appelé : Viens, emmène moi… et le souvenir de ces après-midi au Jardin des Plantes a ressurgit. J’avais l’impression que ce livre était là pour moi, qu’il m’attendait. Avec émotion, j’ai caressé la couverture aquarellée et j’ai plongé dans le récit poétique et touchant de cette grande Dame de Paris. J’ai tourné les pages, j’avais 8 ans…

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