Dix

Quelle mécanique narrative implacable ! Quelle brochettes de personnages 
sculptés au scalpel ! Quelle intrigue haletante, sombre, cruelle, glaçante !
Oui, je suis en retard pour crier haut et fort que ce texte est formidable !

Un coup de maître pour ce roman noir qui nous plonge au cœur d’un jeu macabre.

La 4e de couverture l’annonce directement : 1 manoir sur une île, 3 adultes, 7 adolescents, 10 coupables, 1 vengeance.

Ils sont coupés du monde, aucun moyen de communication. Acceptant le deal sans vraiment bien comprendre ce qu’ils vont vivre, les candidats s’apprêtent à s’affronter en prime time dans un jeu de téléréalité. Le jeu a commencé il y a déjà quelques temps, et il n’y aura pas de gagnants.

Chapitre après chapitre, la tension monte entre les personnages vers un malaise insidieux. La peur s’infiltre partout. Les alliances se tissent mais la méfiance est la règle d’or. Leur destin semble lié, inéluctablement.

Quelle efficacité dans la narration, on ne peut pas lâcher le livre, le compte à rebours est lancé dès la première page et le piège dans lequel sont tombés les adversaires est une mécanique bien huilée.

Beaucoup de finesse dans les émotions ressenties par les protagonistes, chacun avec sa part d’ombre et de lumière. Un très joli clin d’œil au titre mythique d’Agatha Christie forcément, et on adore les références distillées subtilement. Le lecteur est tenu en haleine, suit tous les personnages au fur et à mesure, découvre petits à petits leurs secrets terrifiants. Une lecture sur le fil jusqu’à la dernière ligne. Brillant et si noir ! N’attendez pas, ce serait un crime !

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La (presque) grande évasion

« Et son prénom c’est Bonnie ». Voilà, comme dans « Bonnie and Clyde » sauf que notre héroïne est fille de gendarme, et ça, c’est pas banal. Justement, banal, ce n’est pas un adjectif qui peut convenir à cette boule d’énergie et d’humour qu’est Bonnie.

La langue bien pendue et avec une sacrée bougeotte, forcément, elle attire les heures de colle. Il faut bien admettre que la vie d’ado n’est pas toute simple pendant cette crise sanitaire, surtout quand on prépare (un peu) le brevet et qu’un nouveau confinement réimpose le couvre-feu. Et pour corser le tout, voilà que la mère de Bonnie disparait du jour au lendemain en ne laissant que deux mots sur le frigo : « Je pars ».

Décidée de se lancer à sa recherche malgré les consignes gouvernementales, Bonnie embarque avec elle ses deux potes, Malo l’hypocondriaque premier de la classe et Jason la grande gueule spécialiste des embrouilles, sans oublier Melting-Pot le champion de la distanciation sociale, son chien détecteur de drogue.

Et c’est parti pour un boat-trip improvisé de 5 jours sur le canot du paternel à remonter le canal de Roanne à Digoin, pendant lequel la petite bande de copains va se retrouver dans des situations hautement rocambolesques. Ils sont loin d’imaginer qu’ils foncent droit vers les problèmes et que leur amitié sera une force vitale pour survivre.

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La gueule du loup

« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait. »

Une comptine qui vous tire un sourire de connivence, à celles et ceux qui savent que ce ne sont que des histoires pour faire peur aux enfants, des légendes pour frissonner. Mais il y a toujours une part de vérité dans ces contes ancestraux, qu’en pensez-vous ? Loup y es-tu ? La menace rôde… Elle n’est jamais loin… Souvent enfouie au plus profond de nous, tapie, silencieuse.

« Le loup va venir. Le loup vient toujours. Le loup ouvre toutes les portes. »

Une histoire à faire peur. Dramatique. Une stupeur, une sidération, un cri bâillonné par le déni.

Mars 2020, c’est imminent, la pandémie progresse et le confinement va être instauré en France. Une mère et ses deux enfants – Jo lycéenne et Nono encore en primaire – rejoignent en urgence la maison familiale inhabitée depuis plusieurs années, en plein milieu d’une forêt, loin de tout. Le père, infirmier, est resté sur Nantes, prêt à l’afflux de malades. Ils ne savent pas si c’est pour 2 semaines ou 2 mois.

Pas le choix. Contraints à vivre dans cette maison sombre aux odeurs moisies et à l’atmosphère suffocante. Une maison qui de l’extérieur dessine un visage inquiétant et au creux de laquelle l’imagination soit-disant débordante de la jeune narratrice lui joue des tours glaçants.

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Virgile et Bloom

Saviez-vous que la forêt de Brocéliande abrite des mystères bien plus grands que la magie de Merlin et de la fée Morgane ?

Sous terre, si vous trouvez l’entrée bien sûr, il y pulse un monde étrange peuplé d’êtres surnaturels inquiétants qui s’ébattent joyeusement. Une destination excitante, non ? Surtout quand on est une jeune étudiante en psycho nommée Bloom un peu déjantée et qu’on entraine son prof de violoncelle sur lequel on craque dans un trip haletant, à ses risques et périls. Jusque-là rien d’étonnant, si ce n’est que ce prof, Virgile, est un vampire de près de 300 ans aux allures troublantes d’un jeune homme de 20 ans, diablement sexy mais totalement dépressif. Le hic : un vampire atteint de mélancolie a le sang qui gèle et meurt.

Ça y est, vous êtes totalement accro, je le sang… euh sens 😉 Bloom est décidée, ils vont rejoindre cette communauté de monstres pour raviver Virgile aux cils désarmants (j’avoue). Un plan foireux ? Absolument ! Un voyage initiatique électrisant ? Délicieusement ! Un récit prenant, ciselé par l’écriture sensorielle si subtile de Joanne Richoux ? Définitivement !

La naissance d’un personnage doit parfois être comme un coup de foudre pour les autrices/auteurs car c’est bien cette tension que l’on ressent en tant que lectrices/lecteurs quand on fait leur connaissance. J’avais fondu pour Arpège et ses effluves de chevrefeuille dans Désaccordée et Orageuse, l’énigmatique Virgile, nonchalant mais d’une force insoupçonnée, dégage une sensualité intimidante. Tout intrigue et attire magnétiquement chez lui. De plus, un vampire aussi séduisant et qui fleure bon la frangipane, c’est à croquer (n’est-ce pas Bloom ? 😉) Il est question de limites repoussées, de passion vibrante au ton juste, de sentiments qui déroutent et font vriller, de cœurs et de corps qui palpitent, d’une certaine urgence de vivre fort, de jeux de forces obscures qui pourraient bien risquer de troubler l’ordre du monde.

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Le Clan des Cabossés T.1

Jessie, 10 ans, n’a pas la langue dans sa poche. Son style, c’est la provoc sans chichis. Ce n’est pas le genre de fille à s’embarrasser de formules de politesse. Quand elle ne « sent » pas une personne, elle le dit en tout franchise, quitte à passer pour une peste. Elle voit souvent clair dans le jeu des autres, alors, bim, la vérité en pleine tête ! Odieuse mais perspicace. Forcément, cela lui attire des soucis, car les vérités toutes crues balancées en pleine figure, les gens n’aiment pas ça.

Pas simple de se faire des amis quand on est aussi directe. Et pourtant, l’été à Valras-plage va lui donner l’occasion de se constituer une petite bande de copains, un Clan des Cabossés comme elle l’appelle. Manuel, tout d’abord, qu’elle aborde sans détour. Il bégaie et a une jambe dans le plâtre ? Parfait ! Enrôlé dans le Clan ! Jessie ne se lie pas d’amitié, elle la décrète et Manuel, qu’on traite sans ménagement pour la première fois, est séduit par son culot. 

À bord d’un quadricycle à pédales, une rosalie des plages, Jessie et Manuel vont être vite rejoints par Arthur – isolé car son physique ne plait pas à tout le monde – et la belle Alice, handicapée par sa timidité. La fine équipe plante son quartier général dans une ancienne boutique de souvenirs. Après le jeu du « boomerang vérité » avec les passants, le Clan décide d’aider d’autres personnes « cabossés ».

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