Le Musée imaginaire de Jane Austen

C’est encore une fois la couverture de ce grand format propre à ces imposants textes illustrés qui m’a fait de l’oeil. Et quelle rencontre !

« Viens te perdre dans l’imaginaire de cette grand autrice romantique, viens de retrouver dans ces évocations d’un monde sublimé et pourtant riche de contrastes » ai-je entendu le livre me murmurer quand j’ai ouvert la première page.

Une très belle surprise car la fluidité de la narration fonctionne comme une discussion, entre le narrateur, le lecteur et les personnages contemporains qui se promènent dans les allées des livres de Jane Austen.

Une bien belle balade que cette flânerie sensorielle entre les « pièces » de ce musée imaginaire. Une lecture comme une promenade en bonne compagnie où les souvenirs évoqués des oeuvres de Jane Austen opèrent selon une mélancolique et touchante confession, et toujours avec une douceur bienveillante. Une déclaration d’amour de Fabrice Colin à cette autrice qu’il admire tant et dont il sait transmettre la passion et le talent.

Un voyage paisible entre amis, à une allure presque nonchalante, dans des paysages aux couleurs vives peints à l’acrylique, notamment ces bleus lumineux et ces roses si chaleureux, que l’artiste peintre a voulu rendre au plus près de la réalité de l’époque.

 

 

 

 

 

 

 
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La grande famille

Simon en est sûr, il fait partie de cette grande famille, celle des félins, c’est évident. Malheureusement, cela ne semble pas être le point de vue des grands énergumènes à poils près de lui qui éclatent de rire lorsqu’il leur dit « je suis un félin comme vous ».
 
Ouch ! Être rejeté car on « parait » différent, ça fait mal. Mais qu’est-ce que c’est « être un félin » au juste ? Et, Simon, avec son petit air malin, récolte au fur et à mesure les réponses des autres animaux.
 
Avoir une crinière, une touffe au bout de la queue et être le roi des animaux, dit le Lion.
Avoir une allure élancée et courir plus vite que les autres animaux, déclare le Guépard. 
Savoir bondir sur une proie comme une bête cruelle, ajoute le Puma. 
Vivre dans la jungle et dormir dans les arbres, explique la Panthère. 
 
Chacun à leur tour, les animaux affirment leurs différences en concluant qu’ainsi, ils n’ont rien en commun avec cette petite boule de poils gris. Mais… ils sont aussi très différents les uns des autres, finalement, leur fait judicieusement remarquer Simon.
Le lion est le seul à avoir une crinière, dit-il. Parmi vous, seule la panthère est noire et seul le tigre est orange. Personne ne peut sauter aussi loin que le puma ou courir aussi vite que le guépard. Alors comment est-ce possible que vous soyez tous des félins ?
Alors comme pour se défendre, les animaux commencent à énumérer leurs points communs : petites oreilles, nez plat, longue moustache, dents pointues, griffes acérées. Tiens, tiens, tiens… ça ne vous rappelle pas quelqu’un, vous ?
 
Je vous laisse le plaisir de découvrir toute la perplexité des grosses bêtes féroces face à leur découverte… 

 
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Le Monde de Milo

Retour de bibliothèque oblige, la fournée BD a été copieuse.

Parmi les bonnes pêches de la journée, ce tome 1 du Monde de Milo tant scruté du regard depuis quelques temps…

Et hop, une immersion rapide et profonde dans cet univers qui rappelle Miyazaki, forcément. Avec cet équilibre entre un monde fantastique souvent effrayant et des dialogues à hauteur d’enfant, où le surnaturel est vite intégré dans le quotidien des personnages…

Une intrigue très palpitante et des personnages vraiment attachants. Et un travail sur la lumière particulièrement pointu, où l’inquiétant tourne autour du comique souvent. Les éléments fantastiques arrivent très vite dans la narration, mais naturellement, ce qui fait que ce monde parallèle est vite accepté par les personnages plongés dedans malgré eux.

Vivement que je rattrape mon retard car le Tome 5 est déjà sorti…

 
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Rat et les animaux moches

Alors là, c’est un grand coup de coeur et c’est surtout sur les conseils de l’éminente Lucie Kosmala que je me suis plongée dans ce gros ouvrage BD ALBUM TEXTE ILLUSTRÉ (je ne sais pas trop comment le définir finalement). 

Car comme ça, euh comment dire, je n’étais pas trop attirée par l’univers de la couverture : sombre, intrigant, typo un peu repoussante… Ben forcément, pour parler d’animaux moches, c’est plutôt bien vu.

Et alors là, dès la première page, la magie du conte opère, car c’est exactement cela : un conte un peu fantastique avec des tous les ressorts du conte classique, dans un univers noir et blanc où le jeu sur les ombres et lumière est poussé au paroxysme. Et carrément bien ! 

Au final, une étonnante rencontre entre Rat – chassé de chez les humains – et ces autres rejetés, ces animaux qui font un petit peu peur et qui ne sont pas dans les canons de beauté classiques.

Tendresse et humour pour ces relations d’amitié et de solidarité qui se tissent entre les uns et les autres. Car Rat s’est donné une mission : leur retrouver chacun une maison où ils seront heureux.

Les illustrations épurées à l’encre de chine sont d’une force incroyable. C’est tout bonnement génial et très original !

Et en plus tu en as pour ton argent, ami lecteur, amie lectrice, une histoire de plus de 200 pages qui se lit comme une BD avec toute la magie et la tendresse d’un beau conte (moderne) en format grand album. Oui un objet hors du commun, tout à fait ! Et pour notre plus grand bonheur !

 
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Palmir

(c) A.P.

« Parfois le courage, c’est partir… » 

Encore une fois, la force de la couverture, magnifiquement construire par Amandine Piu, m’a invitée à ouvrir les pages. Comment ce petit bout de dragonneau, cet enfant si fragile sous la valise qu’il porte, cerné par autant d’agressivité rouge sang, ne peut-il pas vous attendrir ? « Viens là, on va t’aider, n’aie pas peur, aie confiance », c’est ce qu’on a envie de lui souffler doucement à l’oreille.

Car l’histoire de Palmir, c’est l’histoire d’un voyage nécessaire : le parcours d’un enfant qui fuit son pays. Un sujet d’une triste actualité, et traité avec une grande sensibilité, à hauteur d’enfant. Un livre nécessaire.

Avec peu de mots, mais des mots forts de sens, Gilles Baum trace le chemin de cet enfant déraciné qui doit affronter des obstacles lui paraissant infranchissables, seul, loin de tout support et de tout réconfort. Sa force, c’est son courage, il doit avancer au péril du danger, parce que là-bas, dans ce lointain horizon, il pourra à nouveau trouver sa place.

 
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