Nora

(c) LM

En un mot : INDISPENSABLE !

Entrevue sur le stand des Editions de la Gouttière lors du dernier SLPJ, la couverture de ce livre m’a littéralement attirée, de manière magnétique.

Une fenêtre éclairée comme une porte ouverte entre deux mondes, celui d’une enfant qui rêve et l’autre monde, l’ailleurs, le bonheur ?

J’ai ouvert cette porte et j’ai fait la connaissance de Nora.

1975 : un été un peu chaud, une voiture sur une route de campagne. Les parents de Nora déménagent. Pour simplifier les choses, la petite fille est confiée à son oncle Lucien, agriculteur. Mais voilà, Nora n’est pas contente, elle boude. Projetée contre sa volonté dans cet univers étrange, brut et inquiétant, Nora s’enferme tout d’abord dans le silence de sa colère.

Vexée d’être un peu abandonnée, elle s’éloigne de la ferme sur un coup de tête et découvre un grand arbre. Un refuge tout d’abord au coeur duquel elle se cache, elle et sa tristesse, se recréant ainsi un univers sécurisant avec la petite chatte qui va bientôt avoir des chatons.

Un perchoir enfin d’où elle peut voir les alentours, dans un sentiment de plénitude, et qui lui permet d’observer une silhouette intrigante : une vielle dame seule attend sur un banc. Et cela, tous les jours.

Cette situation étrange plonge Nora dans une série de questions, lui faisant oublier la raison de sa bouderie et lui donnant un prétexte pour s’échapper, chaque jour. Qu’attend donc cette petite mamie ? Pourquoi est-elle seule ?

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Puisque c’est ça, je pars !

Une scène quotidienne : des enfants au parc qui s’inventent des histoires et leurs mamans qui surveillent, d’un oeil…

« Coooâ coooâ ! » le téléphone de Maman n’arrête pas… la vigilance baisse…

Maman…. MAAAAMAAAAANNNNNN !

Mais la maman de Norma est bien trop occupée par son portable pour écouter sa fille qui a pourtant aussi des tas de choses à lui dire… Quelle époque ! À quoi bon, dans ces conditions, avoir une maman? 

Abandonnée et vexée, Norma boude. Rêveuse et audacieuse, la voici qui décide de partir à l’aventure avec son ami Félix rencontré au détour d’un buisson…

Livrés à eux-mêmes, les enfants s’éloignent et le parc devient la jungle de leur imaginaire… Une jungle où les bêtes étranges rôdent… Le danger guette mais pas trop longtemps. Soudain, Norma s’aperçoit de la disparition de Jojo, son singe en peluche. L’a-t-elle aussi abandonné ? Le regret la ronge, alors vite, il faut partir à sa recherche…

Poésie, aventure et musique des mots pour accompagner les superbes illustrations du maître Yvan Pommaux.

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Il faut sauver la lune

(c) T. Magnier

Attraper un coup de soleil, on connait. Mais un coup de lune ? Si, si, c’est possible. Valentin Duluoz, ce jeune rêveur timide et solitaire, s’en moque. La lune, lui, il l’aime, tout simplement. Elle le captive, elle l’attire, de façon magnétique, comme un refuge. Si bien que cela pose un réel problème à ses parents, des industriels de la cosmétique-minceur trop débordés pour s’occuper de lui, à sa gouvernante qui le tyrannise, à son professeur, et même au président de la république.

Valentin Duluoz n’était pas un enfant comme les autres. Il ne sortait presque jamais de chez lui, n’avait ni visite ni ami, et passait le plus clair de son temps à regarder… la lune ! (…). Un spectacle dont jamais il ne se lassait. À tel point que les rares adultes qu’il croisait le lorgnaient d’un air agacé, lui, le rêveur solitaire.

– Mais enfin ! pensaient-ils. Pourquoi cet enfant perd-il un temps précieux à guetter ce ridicule machin là-haut ? N’aime-t-il pas notre monde ? Est-ce que nous ne l’intéressons pas ? Sans doute est-il bête, tout simplement ! Bête comme ses pieds. Bête comme chou. Bête comme… la lune, tiens, qui le passionne tellement ! Et c’est ainsi qu’était jugé Valentin, sans que personne ne prenne la peine de le comprendre…

Mais voilà qu’arrive une étape décisive dans la vie de Valentin : il fait sa première rentrée scolaire. Un espoir pour sortir de sa solitude ? La confrontation de sa différence avec ses petits camarades va se révéler douloureuse. Ridiculisé à cause de son bégaiement qui le handicape, Valentin se renferme et se réfugie dans l’observation de la lune, encore une fois. Or, son attirance pour l’astre est si contagieuse que les enfants de l’école s’arrêtent pour admirer le croissant, provoquant une pagaille pour l’équipe enseignante.

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Un garcon nommé Noël

(c) Hélium
(c) Hélium

Ok Noël c’est passé, mais quand on aime rêver, c’est un peu Noël tous les jours non ?

Ne vous êtes-vous jamais demandé comment était le Père Noël quand il était petit ? S’il était né barbu avec un bidon rebondit ? S’il riait déjà en faisant des Ho-Ho-Ho ? Si les lutins et les rennes volants existaient vraiment ?

Et bien moi si.

Si vous êtes de ces gens persuadés que certaines choses ne sont pas possibles, autant refermer ce livre tout de suite. Il n’est pas pour vous. Car ce livre est plein de choses impossibles. Vous êtes toujours là ? Bravo. (Les lutins seraient fiers de vous.) Alors, commençons…

Dès la première page, le ton est donné : caustique et percutant, j’adore ! Un style pas comme les autres, très prometteur…

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La girafe, le pélican et moi

Gallimard (c)
Gallimard (c)

Depuis quelques jours, il se passe des choses étranges dans l’ancienne boutique de bonbons dont rêve Billy, un petit garçon d’environ 8 ans… Des bruits de travaux épouvantables, des meubles qui passent par les fenêtres. Et si ce magasin fabuleux était enfin rénové et réouvert ? Et bien, non. Le Gang des Laveurs de Carreaux vient de s’y installer. Ah.

Comme dans toutes les aventures fantastiques de Roald DAHL, les personnages d’apparence ordinaire se révèlent magiques : une Girafe au long cou télescopique, un Pélican au bec escamotable qui sert de réservoir à eau, et un petit Singe agile et bien malin, forcément. Les trois amis expliquent à Billy (qui comprend très bien leur langage) qu’il faut vite qu’ils trouvent des carreaux à laver pour gagner de l’argent pour leur nourriture. Mais attention, pas n’importe quelle nourriture, des noix pour le Singe, du saumon pour Pelly le Pélican et des fleurs rose-mauve de l’arbre drelin-drelin pour la Girafe… très rares et très chères… Heureusement, le vieux grincheux Duc de Hampshire veut les embaucher pour nettoyer rien moins que les 677 vitres de son Château.

Et commence alors une incroyable aventure pleine de rebondissements farfelus comme toujours, sortis tout droit de l’imaginaire de Roald DAHL, si bien illustrées par son fidèle Quentin BLAKE. Une histoire haletante, des jeux de mots, des petites chansons / comptines comme souvent dans ses livres, comme dans l’Enorme Crocodile, qu’on aime à répéter comme une formule magique, en espérant être projeté dans le livre pour vivre encore plus intensément ces drôles d’aventures.

— La mer est bien loin, approuvai-je. Mais il y a un poissonnier dans notre village.
— Quoi ?
— Un poissonnier.
— Qu’est-ce que c’est ? demanda le Pélican. J’ai entendu parler de poissons rouges, de poissons-chat, et même de poissons-scie mais jamais de poissons niais.

Et si après un coup d’éclat et de gloire, la boutique de bonbons merveilleux et plus étonnants les uns que les autres renaissait grâce à Billy ? Et si, comme par hasard, on pouvait y trouver « des coquefusées électriques qui font dresser les cheveux sur la tête, des gobigoulettes , des Zutzutes (…) des bise-glottes, des claque-palais, des caraboules, des berlificots, des pastibeugales, sans oublier les succulents bonbons de la chocolaterie Wonka. Par exemple, les célèbres dragées arc-en-ciel »… Joli clin d’oeil… Billy connait-il Charlie ? Et vous ? Si non, courrez vite lire « Charlie à la Chocolaterie » après avoir lu celui-ci. On est vite en manque…

Auteur : Roald DAHL
Illustrateur : Quentin BLAKE
Edition : Gallimard Jeunesse – Folio Cadet – 68 pages  – Env. 9 euros
Année : 1985

Note : 16/20

«J’essaie d’écrire des histoires qui les saisissent à la gorge, des histoires qu’on ne peut pas lâcher, c’est ma passion. Car si un enfant apprend très jeune à aimer les livres, il a un immense avantage dans la vie. Ce que je raconte dans mes livres n’a aucune importance et ne sert strictement à rien. Mais si, après avoir lu une de mes histoires, l’enfant dit : “Quel livre génial, j’adore les livres”, alors j’ai gagné!» Roald DAHL

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