Un si petit oiseau

Après Sirius de Stéphane Servant et Avril que je ne voulais pas quitter (et qui décante encore compte tenu de la densité du message…), j’ai rencontré Abi : une « môme » d’à peine 20 ans rescapée d’un accident de voiture qui lui prend son bras en l’espace de deux secondes.

Coup de poing direct au coeur en quelques pages.

On s’accroche vite à ce petit bout de femme désorientée, à sa famille bousculée dans son quotidien et entièrement dédiée à la reconstruction du pillier Abi. Mais celle-ci semble sombrer dans l’isolement.

Que lui faut-il pour renaître tel un phénix ? Du temps, de l’humour, de l’amour, du recul, prendre de la hauteur ?

«Elle ferme les yeux, écoute la nuit, elle sent battre le cœur de la Terre, sous elle, celui des hommes, des arbres, des animaux, ce cœur nocturne qui bat depuis le commencement, qui battra après elle. Elle appartient à ce monde immense. Et son bras, peut-être, alors, est dérisoire.»

Besoin de replonger dans une deuxième lecture pour mieux appréhender toute la force de cette déclaration d’amour à la vie.

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Calpurnia T.1

(c) Rue de Sevres

Une jolie adaptation du roman de Jaqueline Kelly avec un trait sensible et un travail sur la lumière subtil.

Si le style illustratif peut surprendre et inquiéter à la vue de la couverture, il ne faut nullement s’y fier, l’univers de ce roman graphique est fabuleux et vous plonge au coeur de l’univers poétique de cette jeune Calpurnia, amoureuse de la nature et dont la curiosité est au service de la science.

Une ode à la liberté et à l’amour de la nature.

« Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums.

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Swimming Pool

(c) Rageot

Kasienka arrive avec sa mère en Angleterre. Elles sont polonaises. Une vie loin du rêve. Une quête pour l’une : retrouver son mari. Une quête pour l’autre : trouver sa place dans ce monde ado où les requins rôdent… To be continued…

Un roman intense, une écriture vivante, à fleur de peau, à hauteur d’enfance qui mue doucement, chaotiquement, vers l’adolescence.

Un style pur, direct, qui touche profondément. Un journal intime au quotidien, aux carrefours de vies qui s’entrechoquent.

Et une ode à l’espoir, à l’amour naissant troublant, et à l’amour mere-fille poignant.

« Inséparables » lu l’année dernière trouve sa place auprès de ce premier roman. Beaucoup aimé aussi, plus mature dans l’écriture. Et quel travail de traduction encore ici (bravo Mlle Clémentine Beauvais 😉 ) : à la hauteur de cette enfance égratignée qui tâtonne et se heurte à la cruauté de la réalité.

Vivement le prochain !

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Pëppo

Très belle découverte que l’univers du sensible et touchant Pëppo de Séverine Vidal chez Bayard.

Une écriture à fleur de peau, aux abords de cette peau fragile d’adolescent un peu tombé du nid, confronté malgré lui à des responsabilités d’adultes.

Une tranche de vie dans un monde un peu bancal, un peu fouillis, où le Pëppo surnage comme il peut.

Un mec bien ce piaf ! De la graine de gars sincère qui t’embarque dans son trip et qui t’ouvre son coeur.

Fragile? Non. Sensible. Oui. Qui laisse une trace la dernière page tournée.

Une impression d’avoir vécu un petit bout de route à ses côtés.

Merci pour le voyage. Bon vent à toi Pëppo !

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Les cancres de Rousseau

(c) Sarbacane

Voici quelques temps déjà que j’ai fini Les cancres de Rousseau et l’histoire sort difficilement de mon esprit… Je décante encore…

Voilà une belle preuve que ce livre m’a touché et que je le tiens comme un bon livre. Une histoire et des personnages aux caractères bien trempés qui ne m’ont pas laissé indifférente. J’ai préféré ne lire aucune critique, sauf les titres majeurs de ce que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux et la critique de Michel Abescat dans Télérama. Je n’ai pas voulu d’influence, juste faire une rencontre, vivre une expérience.

En résumé : « C’est l’année ou jamais pour Djiraël ». Il est en terminale avec ses amis de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz, et cette année doit être inoubliable, quite à se mettre l’administration du lycée à dos. Un prof principal engagé mais qui a besoin d’aide, une tentatrice nommée Tatiana, des promesses faites aux amis et la nécessité d’agir selon son devoir : Djiraël est confronté à des choix, et choisir c’est toujours renoncer… Mais pour lui, le bonheur, c’est maintenant !

J’y ai trouvé tout ce que j’aime dans une lecture : l’empathie, la découverte, le rêve, l’interrogation, le doute, l’impatience, l’étonnement, l’exagération, des sujets à débat…

Je me disais que ce ne serait pas pour moi, que le style me gênerait, que le vocabulaire très « oral » me choquerait ou m’empêcherait de me laisser embarquer par le récit, que le thème ou le lieu pourrait freiner mon infusion dans la narration.

« Putain, Djiraël… t’as foutu que de la merde ! » Un incipit aussi direct, aussi brutal, c’est à double tranchant : soit tu adhères et tu plonges, soit tu restes K.O. et tu jettes l’éponge. La stratégie du choc, c’est bien ça non ? 😉

Et bien non. Je n’ai pas refermé la couverture sur cette réplique. Quand on entre ainsi en effraction dans un livre, au beau milieu du quotidien des personnages, on se fait discret, on se planque dans un coin pour les observer, on attend le bon moment. Je suis montée dans le train de cette bande de jeunes aux abords du monde des adultes, ces sales gosses pourrait-on dire, et j’y suis restée. J’ai fait confiance, moi, la reine de la méfiance.

Et j’ai aimé.

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