Cornebidouille

(c) école des loisirs
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Qui n’a pas déjà vécu cette scène ? Un enfant qui ne veut pas manger, un grand classique du conflit parent / enfant.

« Pierre, mange ta soupe ! Nan j’veux pas »

Et alors, quelle menace avez-vous trouvé, vous, pour vous en sortir et faire avaler la sou-soupe à bébé ? Le croque-mitaine ? Trop démodé. Le zombie de l’espace ? Trop futuriste. Le méchant ogre qui pue des pieds et des dents ? Vous y êtes presque. La trouvaille du père de Pierre, c’est la terrible sorcière Cornebidouille.

Mais Pierre est intraitable, il ne mangera pas sa soupe, et la menace d’une Cornebidouille ne lui fait pas peur… jusqu’à ce qu’elle entre cette nuit-là dans sa chambre ! « Horreur, malheur » ! Euh, non, Pierre ne se démonte pas face à la sorcière un peu stupide qui se fait berner au fur et à mesure de ses tentatives pour impressionner l’enfant.

Elle était laide, elle ne sentait pas bon, elle avait du poil au menton. Cornebidouille était son nom.

Qu’elle s’enfle à en devenir une montgolfière, qu’importe, Pierre reste impassible… Jusqu’à ce que la monstrueuse sorcière tente de s’en prendre à son doudou. L’heure est grave, il faut trouver une parade, et Pierre est un garçon malin. « Sorcière, sorcière, prend garde à ton « gros » derrière « fessu » aurait pu dire Pierre s’il avait lu La sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari (tiens, un autre Pierre).

Alors, crotte de fourmi, est-ce que je te fais peur ?

Un peu d’ingéniosité façon Petit Poucet moderne ou Jack et le Haricot magique, et voici notre Pierre (tiens tiens le même prénom que l’auteur, étrange, étrange 😉 ) qui d’une pirouette fais disparaître cette sorcière dans les toilettes… Un délice de drôlerie même si les plus petits peuvent frissonner un peu devant la gigantesque sorcière. Mais quel plaisir de se faire un peu peur quand cela finit bien. Hop, partie « Corne de Bidouille » comme dirait ma nièce.

Dernière page : fin de l’histoire ? Non, retour à la situation initiale : Pierre ne veut pas manger sa soupe. Victoire de Pierre qui lance un regard complice à ses doudous… Héhé bien malin celui qui trouvera une nouvelle parade !

Un grand classique incontournable que cet album (qui se poursuit ensuite dans 3 autres opus et bientôt 4…) où le talent de conteur de Pierre Bertrand est efficacement mis en valeur par l’univers tout en rondeur et en couleurs de Magali Bonniol, la maman de nombreux ouvrages, dont notamment les aventures de Minusman.

Tiens, tiens, un enfant nommé Pierre et une méchante sorcière, ça me fait penser à un autre petit bijou de conte écrit par Gérard Bizouerne et magnifiquement illustré par Roland Garrigue : Pierre et la Sorcière.

Petit conseil pour un plus grand plaisir de lecture : optez pour un GRAND FORMAT pour encore plus de Cornebidouille !

(c) ecole des loisirs
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Scoop, par ma corne magique, j’apprends qu’un nouvel opus va bientôt sortir le 2 novembre : Gloups ! J’ai avalé Cornebidouille ! Aux abris, ça va ruer dans les brancards !!

 

 

 

 

Auteur : Pierre BERTRAND
Illustratrice : Magali BONNIOL
Edition : l’école des loisirs – Collection Lutin poche – 32 pages – Moins de 3 euros
Année : 2003 (pour la première édition)

Note : 16/20

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Petit clin d’oeil en Italie


Dans la même collection :
– Cornebidouille contre Cornebidouille
– La vengeance de Cornebidouille


Voir un extrait en vidéo :

Voir l’interview de Pierre Bertrand et Magali Bonniol :

Voir les premières images de Gloups ! J’ai avalé Cornebidouille !

Voir une version en pâte à modeler par des enfants :

 


Lire l’interview de Magali Bonniol sur le site Ricochet (2008): 
Extrait
– Magali j’ai apprit que « Moumine le Troll » de Tove Jansson a imprégné votre enfance. Peut-être depuis, avez-vous d’autres livres « adoré(s) », des histoires qui vous touchent et qui vous inspirent ?

« Moumine le troll » a été en effet un livre adoré, aujourd’hui encore je me retiens de relire toute la série, j’en garde un peu pour après…Tove Jansson posait sur la vie et les gens un regard indulgent, un peu ironique, mais jamais amer: c’est un immense cadeau qu’elle a fait à ses lecteurs!
De là aussi peut être mon goût pour le noir et blanc: j’ai toujours un serrement de coeur au moment de poser la couleur sur mes dessins, comme une petite trahison…
Plus tôt dans l’enfance il y a eu « l’arbre, le loir et les oiseaux », d’Iela et Enzo Mari, les dessins de Philippe Dumas avec leur belle lumière, « Hulul » de Lobel.
Ceux qui m’enthousiasment le plus finalement maintenant, ce sont toujours les dessinateurs: Gabrielle Vincent, François Place, Sempé bien sûr, et la grande Gerda Muller! Un type qui me rend dingue de jalousie avec ses dessins c’est Benjamin Chaud, le papa de « Pomelo »chez Albin Michel. J’aime aussi certains livres singuliers comme « Gisèle de verre » de Béatrice Alemagna, « Dans la nuit noire » de Munari, et puis tout Komagata, surtout le dernier avec les nuages découpés!

 

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