Chaque jour Dracula

(c) Delcourt

Les histoires de vampires, ça vous fait peur ? Et si justement, cette histoire là, celle du petit Dracula, nous racontait l’histoire d’une autre peur ? Une peur viscérale, difficile à nommer, une peur honteuse qu’on cherche à étouffer pour essayer de survivre : la peur de la violence des autres à son endroit. 

C’est exactement le sujet que Loïc Clément et Clément Lefèvre nous présente dans cette bande dessinée pleine de tendresse et d’émotions : le harcèlement scolaire. Il fallait oser et c’est réussi, on est touché.

Et si un livre, une BD avec ses images qui montrent sans toujours nommer, permettait d’ouvrir la discussion sur un sujet grave et trop souvent tabou ?

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Les cancres de Rousseau

(c) Sarbacane

Voici quelques temps déjà que j’ai fini Les cancres de Rousseau et l’histoire sort difficilement de mon esprit… Je décante encore…

Voilà une belle preuve que ce livre m’a touché et que je le tiens comme un bon livre. Une histoire et des personnages aux caractères bien trempés qui ne m’ont pas laissé indifférente. J’ai préféré ne lire aucune critique, sauf les titres majeurs de ce que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux et la critique de Michel Abescat dans Télérama. Je n’ai pas voulu d’influence, juste faire une rencontre, vivre une expérience.

En résumé : « C’est l’année ou jamais pour Djiraël ». Il est en terminale avec ses amis de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz, et cette année doit être inoubliable, quite à se mettre l’administration du lycée à dos. Un prof principal engagé mais qui a besoin d’aide, une tentatrice nommée Tatiana, des promesses faites aux amis et la nécessité d’agir selon son devoir : Djiraël est confronté à des choix, et choisir c’est toujours renoncer… Mais pour lui, le bonheur, c’est maintenant !

J’y ai trouvé tout ce que j’aime dans une lecture : l’empathie, la découverte, le rêve, l’interrogation, le doute, l’impatience, l’étonnement, l’exagération, des sujets à débat…

Je me disais que ce ne serait pas pour moi, que le style me gênerait, que le vocabulaire très « oral » me choquerait ou m’empêcherait de me laisser embarquer par le récit, que le thème ou le lieu pourrait freiner mon infusion dans la narration.

« Putain, Djiraël… t’as foutu que de la merde ! » Un incipit aussi direct, aussi brutal, c’est à double tranchant : soit tu adhères et tu plonges, soit tu restes K.O. et tu jettes l’éponge. La stratégie du choc, c’est bien ça non ? 😉

Et bien non. Je n’ai pas refermé la couverture sur cette réplique. Quand on entre ainsi en effraction dans un livre, au beau milieu du quotidien des personnages, on se fait discret, on se planque dans un coin pour les observer, on attend le bon moment. Je suis montée dans le train de cette bande de jeunes aux abords du monde des adultes, ces sales gosses pourrait-on dire, et j’y suis restée. J’ai fait confiance, moi, la reine de la méfiance.

Et j’ai aimé.

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Ce géant mon ami

(c) Maison Eliza

Ahhh je l’attendais depuis longtemps la rencontre avec cette petite Luna et ce géant ! Un grand coup de coeur pour cet album tout en tendresse et tons pastel.

La couverture est magnifique, le contraste entre la petite puce et son immense ami donne envie d’en savoir plus : une relation d’amitié spéciale qu’on a envie de découvrir.

Luna a un meilleur ami donc, un peu particulier. « C’est un géant, un vrai de vrai de vrai. » Et pourquoi pas ! Ils passent leur temps libre ensemble, du matin au soir : dans la paume de sa main ou posée sur son épaule, Luna voyage en voyant le monde d’un autre point de vue, protégée par son confident.

Cet ami est unique, très précieux pour la jeune Luna. Est-ce le fruit de son imagination ? Va savoir… 😉 L’important est que cet alter égo est là pour elle, pour le premier bonjour du matin et le dernier bonsoir avant de s’endormir.

Mais un jour, il disparaît… Et Luna désespère de ne plus avoir de ses nouvelles. Une lettre va la conduire à se mettre à sa recherche… Vont-ils se retrouver ?

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Journal d’un enfant de lune

(c) AL Nalin

Sans doute l’une des plus belles couvertures que j’ai pu admirer depuis quelques temps. Un portrait comme un tableau dont se dégage une émotion forte, pure, si troublante qu’on entendrait presque la petite voix intérieure de cet être obscur, en proie à son questionnement…

Pourquoi ai-je été si touchée ? Est-ce le mystère de ce jeune garçon pensif, presque fragile ? Ce jeu de lumière en contre-jour le plongeant de fait dans l’ombre ? Est-ce ce titre énigmatique convoquant les souvenirs d’enfance, les peurs ou les joies, comme un appel au secours…

J’ai pris une grande respiration et j’ai tourné la page.

Graphiquement, c’est un voyage fabuleux qui commence. Dès la première page, une illustration pleine page plante le décor, comme une photo de vacances, un souvenir d’été, dans un silence parfait. Pas un bruit, pas un mouvement, pas âme qui vive…

Juste le vol lointain de quelques oiseaux. Le calme avant la tempête… Car, au fil des cases, les éléments se mettent en place et le rythme s’accélère.

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Timoto n’est pas un tigre et Timoto sait déjà bientôt nager

Timoto, c’est le nouveau copain des plus petits, un tigrounet créatif et rêveur qui transforme son quotidien en terrain de jeu. Belle idée ! Mais attention aux bêtises !

Après Tohu-Bohu, Rémi Courgeon revient chez Nathan avec une toute nouvelle collection mise en mots et en images avec beaucoup de tendresse, abordant les petits et les grands sujets qui préoccupent nos bambins : l’identité, l’autonomie, la famille, les copains, les jeux et activités… 

Timoto ne veut plus être un tigre, mais alors que choisir ? Girafe ? Compliqué. Flamand rose ? Bof. Éléphant ? Mais, mais, c’est herbivore un éléphant ! Alors, qui est le plus gourmand finalement ? Être soi, c’est bien aussi finalement, pourquoi changer ? S’accepter comme on est et s’aimer, un beau message pour aimer les autres.

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