Petite

On devrait toujours lire un peu de Jo Hoestlandt avant de se coucher… C’est bon se réchauffer le coeur.

C’est l’histoire d’une petite fille éprise de liberté, qui en classe, demande à l’autrice quelle est sa lettre préférée.

Jamais personne ne m’avait demandé cela, et pourtant, c’était une vraie question, pour un écrivain !

Est-ce le O ? Comme un cercle autour des gens qu’on aime tenir embrassés ? Ou bien un C ? Comme un bras posé sur l’épaule moins serré, qui ne l’empêche pas de partir ?

Une histoire contée par Jo Hoestlandt lors des premières assises de la littérature jeunesse et qui m’avait cueilli par sa poésie et sa justesse, au fond du cœur.

« On ne retient jamais ceux qu’on aime en les enfermant, fût-ce dans des bras aimants. »

Une deuxième nouvelle au dos : Les Nivuniconnus 

Des étrangers, arrivés dans une caravane. On ne savait d’où ils venaient. Jusqu’ici, on ne leur avait guère prêté attention. Mais là, les gens commencèrent à se poser des questions.

Deux magnifiques et émouvants récits, portés par la plume sensible et unique de Jo Hoestlandt, pour parler de l’acceptation des différences, de la culture des gens du voyages et du vivre ensemble. 

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Swimming Pool

(c) Rageot

Kasienka arrive avec sa mère en Angleterre. Elles sont polonaises. Une vie loin du rêve. Une quête pour l’une : retrouver son mari. Une quête pour l’autre : trouver sa place dans ce monde ado où les requins rôdent… To be continued…

Un roman intense, une écriture vivante, à fleur de peau, à hauteur d’enfance qui mue doucement, chaotiquement, vers l’adolescence.

Un style pur, direct, qui touche profondément. Un journal intime au quotidien, aux carrefours de vies qui s’entrechoquent.

Et une ode à l’espoir, à l’amour naissant troublant, et à l’amour mere-fille poignant.

« Inséparables » lu l’année dernière trouve sa place auprès de ce premier roman. Beaucoup aimé aussi, plus mature dans l’écriture. Et quel travail de traduction encore ici (bravo Mlle Clémentine Beauvais 😉 ) : à la hauteur de cette enfance égratignée qui tâtonne et se heurte à la cruauté de la réalité.

Vivement le prochain !

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La grande famille

Simon en est sûr, il fait partie de cette grande famille, celle des félins, c’est évident. Malheureusement, cela ne semble pas être le point de vue des grands énergumènes à poils près de lui qui éclatent de rire lorsqu’il leur dit « je suis un félin comme vous ».
 
Ouch ! Être rejeté car on « parait » différent, ça fait mal. Mais qu’est-ce que c’est « être un félin » au juste ? Et, Simon, avec son petit air malin, récolte au fur et à mesure les réponses des autres animaux.
 
Avoir une crinière, une touffe au bout de la queue et être le roi des animaux, dit le Lion.
Avoir une allure élancée et courir plus vite que les autres animaux, déclare le Guépard. 
Savoir bondir sur une proie comme une bête cruelle, ajoute le Puma. 
Vivre dans la jungle et dormir dans les arbres, explique la Panthère. 
 
Chacun à leur tour, les animaux affirment leurs différences en concluant qu’ainsi, ils n’ont rien en commun avec cette petite boule de poils gris. Mais… ils sont aussi très différents les uns des autres, finalement, leur fait judicieusement remarquer Simon.
Le lion est le seul à avoir une crinière, dit-il. Parmi vous, seule la panthère est noire et seul le tigre est orange. Personne ne peut sauter aussi loin que le puma ou courir aussi vite que le guépard. Alors comment est-ce possible que vous soyez tous des félins ?
Alors comme pour se défendre, les animaux commencent à énumérer leurs points communs : petites oreilles, nez plat, longue moustache, dents pointues, griffes acérées. Tiens, tiens, tiens… ça ne vous rappelle pas quelqu’un, vous ?
 
Je vous laisse le plaisir de découvrir toute la perplexité des grosses bêtes féroces face à leur découverte… 

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Rat et les animaux moches

Alors là, c’est un grand coup de coeur et c’est surtout sur les conseils de l’éminente Lucie Kosmala que je me suis plongée dans ce gros ouvrage BD ALBUM TEXTE ILLUSTRÉ (je ne sais pas trop comment le définir finalement). 

Car comme ça, euh comment dire, je n’étais pas trop attirée par l’univers de la couverture : sombre, intrigant, typo un peu repoussante… Ben forcément, pour parler d’animaux moches, c’est plutôt bien vu.

Et alors là, dès la première page, la magie du conte opère, car c’est exactement cela : un conte un peu fantastique avec des tous les ressorts du conte classique, dans un univers noir et blanc où le jeu sur les ombres et lumière est poussé au paroxysme. Et carrément bien ! 

Au final, une étonnante rencontre entre Rat – chassé de chez les humains – et ces autres rejetés, ces animaux qui font un petit peu peur et qui ne sont pas dans les canons de beauté classiques.

Tendresse et humour pour ces relations d’amitié et de solidarité qui se tissent entre les uns et les autres. Car Rat s’est donné une mission : leur retrouver chacun une maison où ils seront heureux.

Les illustrations épurées à l’encre de chine sont d’une force incroyable. C’est tout bonnement génial et très original !

Et en plus tu en as pour ton argent, ami lecteur, amie lectrice, une histoire de plus de 200 pages qui se lit comme une BD avec toute la magie et la tendresse d’un beau conte (moderne) en format grand album. Oui un objet hors du commun, tout à fait ! Et pour notre plus grand bonheur !

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Menu fille ou menu garçon ?

Toc, toc, toc ?  Oui, c’est pour quoi ? C’est pour un bon coup de pied au fesses des idées reçues et du sexisme dès le plus jeune âge ? Ah ok, alors c’est bien par ici, entrez ! Et BIM ! 

Et voici donc Thierry Lenain aux prises d’un sujet décisif sur lequel il ne faut pas arrêter de débattre et continuer à le dénoncer : les a apriori sexistes du quotidien !

Et c’est réussi, encore une fois, via une histoire simple mais efficace.

Emmener son enfant manger un hamburger, on l’a tous fait (allez, si, au moins une fois pour leur montrer combien c’est beurkaka tout plein même si c’est regressif, hmm, si ce n’est pas vous, c’est Tonton Phil, Tata Flo, Moumina ou Papymou). Le menu enfant, c’est un classique du fast food, surtout quand il est agrémenté d’un petit cadeau… pour les filles ou pour les garçons. Pour les garçons : une mini-fusée. Pour les filles : une mini-poupée. Ben quoi, normal non ? Et bien, non pas du tout ! C’est exactement la réaction du Papa de Léa.

Ce n’est quand même pas monsieur Hit-Burger qui va décider que ma fille aura une poupée parce qu’elle est une fille, et que mon garçon aura une fusée parce qu’il est un garçon !

On est bien d’accord. Et c’est aussi l’avis de Léa qui veut bien une fusée, elle justement, parce que les poupées, c’est pas trop son truc, mais qui veut surtout MANGER SON HIT-BURGER avant tout ! Papa a promis, alors…

Mais voilà que la serveuse donne une fusée à Léa pensant que c’était un petit garçon. Et c’est parti pour une querelle quiproquo dans la queue des commandes entre un Papa qui veut dénoncer ces pratiques sexistes ridicules et une serveuse qui pensait juste à bien faire… Comme quoi les a priori sur les choix genrés des enfants sont toujours bien ancrés.

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