Mon frère

Toujours une émotion vive à l’écoute d’une lecture si active, engagée, vibrante livrée par un auteur sensible qui vous prend par la main, et vous emmène avec lui au plus profond de ses souvenirs d’enfance, pour vous les confier. 

Une incursion dans la vie privée de Daniel Pennac, entre lui et son frère, entre lui et Bartleby de Melville qui vous enveloppe entre fiction et réalité.

Un livre comme une confession, un témoignage, un bout de vie commune posé là pour mémoire et hommage.

Je ne sais rien de mon frère mort si ce n’est que je l’ai aimé.
Il me manque comme personne mais je ne sais pas « Qui  » j’ai perdu.
J’ai perdu la gratuité de cette affection, l’agrément de cette compagnie, la profondeur de ce silence, la distance de cet humour, la délicatesse de cette attention, la sérénité de ce jugement , cette intelligence des situations , la paix. J’ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ?

La narration alterne pans de vie personnelle et extraits choisis de Bartleby, mis en scène par le romancier. Les souvenirs en appellent d’autres, au fur et à mesure des chapitres.

En écoutant Daniel Pennac parler de son frère, on est instantanément projeté dans son univers, bien présent avec lui, partageant la lecture incantatoire qu’il prodigue au lecteur. Et ce lecteur nous semble être son frère lui-même. Ce frère qui s’incarne au fil des mots, des dialogues, des confidences. Tour à tour, le lecteur se fait spectateur, assis aux côtés du narrateur Pennac quand il parle de sa relation fraternelle, ou assis en face du comédien sur scène lorsqu’il convoque Melville.

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Menu fille ou menu garçon ?

Toc, toc, toc ?  Oui, c’est pour quoi ? C’est pour un bon coup de pied au fesses des idées reçues et du sexisme dès le plus jeune âge ? Ah ok, alors c’est bien par ici, entrez ! Et BIM ! 

Et voici donc Thierry Lenain aux prises d’un sujet décisif sur lequel il ne faut pas arrêter de débattre et continuer à le dénoncer : les a apriori sexistes du quotidien !

Et c’est réussi, encore une fois, via une histoire simple mais efficace.

Emmener son enfant manger un hamburger, on l’a tous fait (allez, si, au moins une fois pour leur montrer combien c’est beurkaka tout plein même si c’est regressif, hmm, si ce n’est pas vous, c’est Tonton Phil, Tata Flo, Moumina ou Papymou). Le menu enfant, c’est un classique du fast food, surtout quand il est agrémenté d’un petit cadeau… pour les filles ou pour les garçons. Pour les garçons : une mini-fusée. Pour les filles : une mini-poupée. Ben quoi, normal non ? Et bien, non pas du tout ! C’est exactement la réaction du Papa de Léa.

Ce n’est quand même pas monsieur Hit-Burger qui va décider que ma fille aura une poupée parce qu’elle est une fille, et que mon garçon aura une fusée parce qu’il est un garçon !

On est bien d’accord. Et c’est aussi l’avis de Léa qui veut bien une fusée, elle justement, parce que les poupées, c’est pas trop son truc, mais qui veut surtout MANGER SON HIT-BURGER avant tout ! Papa a promis, alors…

Mais voilà que la serveuse donne une fusée à Léa pensant que c’était un petit garçon. Et c’est parti pour une querelle quiproquo dans la queue des commandes entre un Papa qui veut dénoncer ces pratiques sexistes ridicules et une serveuse qui pensait juste à bien faire… Comme quoi les a priori sur les choix genrés des enfants sont toujours bien ancrés.

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Les cancres de Rousseau

(c) Sarbacane

Voici quelques temps déjà que j’ai fini Les cancres de Rousseau et l’histoire sort difficilement de mon esprit… Je décante encore…

Voilà une belle preuve que ce livre m’a touché et que je le tiens comme un bon livre. Une histoire et des personnages aux caractères bien trempés qui ne m’ont pas laissé indifférente. J’ai préféré ne lire aucune critique, sauf les titres majeurs de ce que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux et la critique de Michel Abescat dans Télérama. Je n’ai pas voulu d’influence, juste faire une rencontre, vivre une expérience.

En résumé : « C’est l’année ou jamais pour Djiraël ». Il est en terminale avec ses amis de toujours : Armand, Sacha, Rania, Doumam et Jazz, et cette année doit être inoubliable, quite à se mettre l’administration du lycée à dos. Un prof principal engagé mais qui a besoin d’aide, une tentatrice nommée Tatiana, des promesses faites aux amis et la nécessité d’agir selon son devoir : Djiraël est confronté à des choix, et choisir c’est toujours renoncer… Mais pour lui, le bonheur, c’est maintenant !

J’y ai trouvé tout ce que j’aime dans une lecture : l’empathie, la découverte, le rêve, l’interrogation, le doute, l’impatience, l’étonnement, l’exagération, des sujets à débat…

Je me disais que ce ne serait pas pour moi, que le style me gênerait, que le vocabulaire très « oral » me choquerait ou m’empêcherait de me laisser embarquer par le récit, que le thème ou le lieu pourrait freiner mon infusion dans la narration.

« Putain, Djiraël… t’as foutu que de la merde ! » Un incipit aussi direct, aussi brutal, c’est à double tranchant : soit tu adhères et tu plonges, soit tu restes K.O. et tu jettes l’éponge. La stratégie du choc, c’est bien ça non ? 😉

Et bien non. Je n’ai pas refermé la couverture sur cette réplique. Quand on entre ainsi en effraction dans un livre, au beau milieu du quotidien des personnages, on se fait discret, on se planque dans un coin pour les observer, on attend le bon moment. Je suis montée dans le train de cette bande de jeunes aux abords du monde des adultes, ces sales gosses pourrait-on dire, et j’y suis restée. J’ai fait confiance, moi, la reine de la méfiance.

Et j’ai aimé.

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Le Journal de Gurty – Printemps de chien (T.4)

Y a d’la joie, bonjour bonjour les hirondelles, y a d’la joie, par dessus les bois, euh les toits…

Oui, euh pardon, ui, c’est le printemps ! Et ça se sent ! Une nouvelle aventure de Gurty vient d’arriver !

La campagne, les vacances, c’est la quête du calme, non ?

Et bien, pas facile de siroter une bonne gamelle de tranquillité quand on se retrouve au milieu d’une guerre explosive entre voisins. Ouais, c’est trop de la bouse !

Ces humains et leurs invraisemblables lubies continuent d’hérisser les poils de Gurty et ses amis à quatre pattes (et plus si affinités).

Imaginez un peu : la famille Caboufigues (les humains de ce traître félin, Tête de Fesses, le bien nommé) ont décidé de raser les arbres de leur terrain pour… une sinistre histoire de haut débit ?

Haut débit d’âneries, non ! 

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Balthazar Fox – L’héritier de l’entredeux monde

(c) J Fleury

Un jeune adolescent, un peu mal dans sa peau, un peu différent des autres, et qui se pose des questions sur son histoire et sa famille… Vous en connaissez sans doute beaucoup, ça pullule autour de nous… Mais, voilà, Balthazar, c’est un petit peu plus compliqué que ça…

Naître avec une queue de renard ce n’est pas donné à tout le monde, et c’est un secret un peu lourd à porter. De plus en plus lourd à porter au fur et à mesure que Balthazar grandit. Certes, il change de ville (et d’amis) régulièrement, mais c’est justement cela qui ne l’aide pas à mieux le vivre. Et ce n’est pas son père trop absent qui peut l’aider. 

Mais voilà qu’un jour, il est propulsé dans un monde parallèle hors du commun. Ce n’est pas un rêve, ça a tout d’un cauchemar et on en veut à sa vie. Heureusement, il va pouvoir compter sur l’aide de nouveaux compagnons pris au coeur d’une aventure extraordinaire qu’il était à des milliers de kilomètres d’imaginer : un ours intimidant, une renarde énigmatique et un chacal inhospitalier. Il va falloir faire marcher ses muscles et ses méninges pour survivre dans ce milieu hostile, car le destin de Balthazar est lié à celui de ce nouveau monde qui est sur le point de basculer.

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