Céleste, ma planète

(C) J. Ricossé
(C) J. Ricossé

« Il y a des phrases toutes simples qui changent des vies ».

Il y a des livres, qui paraissent tout simples, et qui changent des vies, aussi.

Je l’espère. Profondément.

Dès la première page, le décor est planté : l’urgence de la situation comme l’intensité de l’émotion du narrateur sont palpables, physiques, vibrantes. On est tout de suite pris à la gorge, pris par la main, respiration suspendue, comme en alerte.

Une boîte de Pandore de 96 pages vient de s’ouvrir sur une vie en suspens. Celle d’un jeune garçon de 14 ans qui ne répond qu’au prénom de celle qu’il cherche, celle qui va / a changé « son » monde : Céleste.

Est-ce simplement l’histoire d’une rencontre ? Rien n’est jamais simple dans un coup de foudre. Surtout quand il vous frappe au visage, comme ça, en une minute, à tout jamais. L’innocence d’un adolescent dans un ascenseur, qui s’était pourtant juré de « ne plus jamais tomber », et qui n’a plus d’autre choix que de tendre vers cet absolu devenu vital : l’inconnu(e).

« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », n’est-ce pas ? Pourquoi courir après un tel mystère ? D’où vient cette force intérieure qui va pousser le jeune homme à rechercher celle qui a disparue d’un coup, celle qui le hante déjà, celle qui a créé l’absence devenue indispensable.

Il y a bien une raison.

Sur l’épaule de Céleste, on observait la fonte de la banquise de l’arctique.

Un livre conçu comme un cri du cœur, celui d’un enfant qui refuse ce monde de la productivité, de l’efficacité, de la consommation à outrance, de l’individualisme. Une rébellion d’adolescents, en construction, dans un monde en destruction.

Toutes les catastrophes écologiques du monde apparaissaient sur le corps de Céleste.

Il faut sauver Céleste, il faut crier au monde que la solution est entre les mains de chacun, que tous ensemble il est possible d’inverser la course du temps destructeur.

Magnifique élan de passion, romanesque sans grotesque, un style direct, pur.

Des mots justes.

C’est en cette justesse que réside la force de Timothée de Fombelle. Il embarque son lecteur sur son épaule, sans aucune gratuité. Des chapitres courts, une intrigue ajustée, des caractères sensibles. Impossible de lâcher, tant le texte est en tension jusqu’à la dernière ligne.

Je caresse le doux rêve que les enfants qui liront cet ouvrage vivront l’expérience que nous confiait récemment Timothée de Fombelle au sortir de sa lecture du Compte de Montecristo : “plus jamais je ne lirai pour la première fois ce livre !”

10 ans déjà et pas une ride, l’urgence est intacte.

Indispensable !

Auteur : Timothée de FOMBELLE
Edition : Gallimard Jeunesse – Folio Junior – 96 pages – 4 euros
Année : 2007

Lire l’interview de Télérama (2012)


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