Journal d’un enfant de lune

(c) AL Nalin

Sans doute l’une des plus belles couvertures que j’ai pu admirer depuis quelques temps. Un portrait comme un tableau dont se dégage une émotion forte, pure, si troublante qu’on entendrait presque la petite voix intérieure de cet être obscur, en proie à son questionnement…

Pourquoi ai-je été si touchée ? Est-ce le mystère de ce jeune garçon pensif, presque fragile ? Ce jeu de lumière en contre-jour le plongeant de fait dans l’ombre ? Est-ce ce titre énigmatique convoquant les souvenirs d’enfance, les peurs ou les joies, comme un appel au secours…

J’ai pris une grande respiration et j’ai tourné la page.

Graphiquement, c’est un voyage fabuleux qui commence. Dès la première page, une illustration pleine page plante le décor, comme une photo de vacances, un souvenir d’été, dans un silence parfait. Pas un bruit, pas un mouvement, pas âme qui vive…

Juste le vol lointain de quelques oiseaux. Le calme avant la tempête… Car, au fil des cases, les éléments se mettent en place et le rythme s’accélère.

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C’est un secret

(c) La Palissade

« On dirait qu’on aurait des guépards comme animaux domestiques et qu’on voyagerait à dos de tortues des mers… Ou alors on aurait une girafe comme animal de compagnie et des moutons comme doudous… Ou alors… »

L’imaginaire des enfants est un territoire sans frontière…

Surtout quand il n’est pas bridé par la virtualité réductrice et enfermante des écrans.

C’est pourtant le cas de ce petit garçon et de sa soeur, coincés chez eux par la pluie, les yeux rivés pour l’un à la télévision et pour l’autre à sa console. Ensemble, ils sont seuls, isolés du monde réél.

Le petit frère rêve que l’un des animaux sauvages qui évoluent devant ses yeux sur l’écran vienne vivre dans leur appartement.

Sa soeur est bien loin de tout ça…

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Le petit arbre qui voulait devenir un nuage

(c) FP

N’avez-vous jamais eu l’impression, en regardant attentivement le ciel, que les cimes des arbres discutaient avec les nuages ? Que le bruit du vent dans les feuilles, cette valse énigmatique des cumulus étaient autant de signes d’un dialogue permanent entres les éléments ? 

Moi si. Et je ne suis pas la seule, car c’est exactement ainsi qu’est née la nouvelle histoire écrite par Agnès Ledig, un jour de promenade avec son chien sur un plateau. Un petit nuage posé au-dessus d’un arbre solitaire paraissait converser avec lui. 

Que se disaient-ils ?

L’un accroché à la terre, enraciné et ne pouvant voyager. L’autre bousculé par l’air, en perpétuel mouvement et ne pouvant se poser un peu. Un dialogue s’ouvre, chacun cherchant sa place, chacun envieux l’un de l’autre. Une amitié en train de naître ?

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Le Génie de la lampe de poche

« Je m’appelle Vladimir Poulain, j’ai dix ans et je m’apprête à vivre l’été le plus atroce de toute ma vie ». Dès la première ligne, le ton est donné.

Les Vacances de la Comtesse de Ségur, vous voyez ? Classique.

Les Vacances du Petit Nicolas, vous connaissez ? Grand classique.

Les Jolies Colonies de Vacances de Pierre Perret ? Kolossal Klassik !

Et bien celles de Vladimir Poulain… Ça n’a rien à voir !

Jeune garçon intelligent (croisement improbable du Petit Nicolas pour ses réflexions personnelles et d’Agnan pour le look lunettes avec un petit soupçon de Harry Potter), Vlamidir se retrouve propulsé malgré lui dans une galère estivale : Le Camps de vacances « La joie dans les bois ».

Pas d’Hôtel Beau-Rivage, mais un vieux campement coincé entre l’autoroute, l’abattoir et la station d’épuration. Hmmm, du glamour glaglatant d’horreur…

Pas de Monsieur Mouchabière mais un certain Nicolas Fontanelle, le directeur psychopathe de la colonie complètement barré et tyranique (sans doute le fils caché d’Hannibal Lecter et d’Harley Quinn).

QUOI, UNE COLO ? MAIS JE PORTE DES LUNETTES, JE NE PEUX PAS (aurait pu répondre Vladimou). Une colo, le cauchemar de tout enfant introverti non ? Siiiiiiiiiiiii !!! Et c’est sa gentille maman chérie qui lui a réservé cette petite surprise ? Une punition oui !

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Nora

(c) LM

En un mot : INDISPENSABLE !

Entrevue sur le stand des Editions de la Gouttière lors du dernier SLPJ, la couverture de ce livre m’a littéralement attirée, de manière magnétique.

Une fenêtre éclairée comme une porte ouverte entre deux mondes, celui d’une enfant qui rêve et l’autre monde, l’ailleurs, le bonheur ?

J’ai ouvert cette porte et j’ai fait la connaissance de Nora.

1975 : un été un peu chaud, une voiture sur une route de campagne. Les parents de Nora déménagent. Pour simplifier les choses, la petite fille est confiée à son oncle Lucien, agriculteur. Mais voilà, Nora n’est pas contente, elle boude. Projetée contre sa volonté dans cet univers étrange, brut et inquiétant, Nora s’enferme tout d’abord dans le silence de sa colère.

Vexée d’être un peu abandonnée, elle s’éloigne de la ferme sur un coup de tête et découvre un grand arbre. Un refuge tout d’abord au coeur duquel elle se cache, elle et sa tristesse, se recréant ainsi un univers sécurisant avec la petite chatte qui va bientôt avoir des chatons.

Un perchoir enfin d’où elle peut voir les alentours, dans un sentiment de plénitude, et qui lui permet d’observer une silhouette intrigante : une vielle dame seule attend sur un banc. Et cela, tous les jours.

Cette situation étrange plonge Nora dans une série de questions, lui faisant oublier la raison de sa bouderie et lui donnant un prétexte pour s’échapper, chaque jour. Qu’attend donc cette petite mamie ? Pourquoi est-elle seule ?

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