Outrageusement romantique

Nouvel opus dans la collection Court Toujours et toujours aussi réussi. Prêt à plonger ? On plante le décor : un adolescent traine ses 14 ans en vacances en bord de mer. Pour amplifier le spleen : la pluie, des parents et une petite sœur pénibles, « ma mère a la force de persuasion des marées. De l’érosion ». Et l’ennui, le sentiment de décalage, d’être hors de cette vie, l’introspection. « Cet été-là, le soleil semblait avoir disparu du monde. »
Quand soudain, le choc, la rencontre d’un regard, celui de l’énigmatique Louise, inoubliable, absolue. Tout est chamboulé. Romantique ? Oui, et alors ! En secret avec Louise, il apprend la guitare ; il rêve à cet amour naissant qui l’obsède.

Ensemble, ils se complètent, ils s’accordent si bien selon lui, même si les parents ne s’en rendent pas compte. Une attirance mystérieuse, troublante, entre rêve et réalité, entre fantasme et souvenir, entrainés l’un par l’autre par l’envoûtante Chaconne de Bach. Et puis un coup de tonnerre ! Palpitant !

Je suis fan du format « nouvelle » qui embarque dès les premières lignes et promet un rythme soutenu vers la résolution d’une tension souvent « dramatique » (au sens théâtral) en peu de pages. Exercice difficile mais remarquablement réalisé par Manu Causse portant la voix de cet adolescent frappé par un coup de foudre. Pas de prénom, cela pourrait être vous ou moi, un choix qui implique encore plus le/la lecteurice. Et quel titre ! Le ton un peu sarcastique de cet ado mal dans sa peau sonne juste et prend le cœur, puis la tension monte d’un cran. Comme un éblouissement, le texte prend un autre éclairage lorsqu’il est question de Louise, l’espoir est là, le désir s’éveille, la confession du trouble qui prend ce jeune garçon et le dépasse touche par sa sensibilité.

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Orageuse

Avouez que le goût d’Arpège vous manquait. Son sillage aux effluves de chèvrefeuille, son regard obscur à l’éclat magnétique, cette inéluctable attraction qui vrille les sens et étourdit l’esprit. Violette sait de quoi je parle, au plus profond d’elle.

🌿« Son prénom. Son prénom au bout de la langue. Arpège. Deux syllabes balles de fusils. »

Car la douleur la hante maintenant : une plaie immense qui palpite sans cesse et étouffe sa raison, un supplice qui renait au moindre ressenti de cette fragrance envoûtante, au moindre souvenir de ce pays des Muses où il vit, lui, sans elle.

Déracinée, bancale, incomplète, Violette est désaccordée. Le chagrin d’amour, issu d’une rupture violente et inéluctable, est comme un poison qui la gangraine. Une passion brisée en plein vol, séparant deux mondes, deux êtres, deux corps, deux cœurs. « Cousus l’un à l’autre ».

Il suffit d’un bref regard sur cette couverture dont la sensualité inquiétante électrise un peu pour qu’on replonge, éperdument dans la poésie des mots de Joanne Richoux.

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Emilie Chazerand nous parle de son nouveau roman La Fourmi Rouge et de ses lectures d’enfance

(c) Sarbacane

Oyez, oyez ! À l’occasion de la sortie du futur bestseller « La Fourmi Rouge » (chroniqué ici) aux éditions Sarbacane (J-1 mon ami, si j’étais toi, j’irai de ce pas enlevé mais élégant commander ce fabuleux ouvrage chez ton libraire chéri), Emilie Chazerand nous parle de sa passion pour l’écriture, de son pétillant et impertinent personnage Vania Strudel (VANIA POWA !!!), ainsi que de ses lectures d’enfances. 

Quelques éléments de présentation : « Emilie Chazerand vit près de Strasbourg, où elle a été « trouvée dans un paquet de nouilles » en 1983. Petite, elle dévore les livres. Après avoir été infirmière, elle se met à écrire des aventures tarabiscotées et peu à peu, les livres reprennent la première place dans sa vie. Elle a une bicyclette hollandaise, deux matous dodus, trois francs six sous, quatre blagues rigolotes, cinq bonnes raisons de se lever le matin, six projets pour quand elle sera vraiment grande et sept vies, comme les chats. »

De la passion (une tonne), du talent (des tonnes), de l’humour (des exatonnes): un cocktail explosif qui va faire du bruit !  

Lâchez ce que vous êtes en train de faire et découvrez l’univers de cette auteure à la plume bien affutée ! 
 
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– La Licorne à Lunettes : La Fourmi rouge vient de sortir, un futur bestseller à coup sûr : quelles ont été vos sources d’inspiration principales ? Comment est née Vania Strudel ? D’où vous vient cet humour décapant qu’on décèle dans vos précédents ouvrages (Je suis fan de Quel morfal ce Gwendal ! et Suzon) et qui excelle encore une fois ici dans ce roman si désopilant et impertinent ?

Emilie Chazerand : J’ai écrit la Fourmi rouge pendant ma seconde grossesse. C’était une période où je pensais à mon passé, mon histoire personnelle, et à l’avenir de mes enfants. J’essaie souvent de visualiser l’adolescence de ma fille, par exemple. J’imagine les choses auxquelles elle sera immanquablement confrontée et je frémis déjà pour elle. Je crois que j’ai eu envie de lui fabriquer une bonne copine. Quelqu’un qu’elle pourra retrouver au chaud, dans des pages, et qui la rassurera. À cette période, elle ne viendra certainement pas chercher réconfort et consolation chez moi. Je serai bien trop vieille, débile et nulle à ses yeux. Mais elle aura Vania. Les livres peuvent être de merveilleux soutiens, je le sais pertinemment.     
  

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Interview : Jean-Philippe ARROU-VIGNOD nous parle de ses livres d’enfance et de sa passion pour l’écriture

© Catherine Helie
© Catherine Helie

Jean-B, P.P. Cul-vert, Magnus, Mimsy, Pertinax, Rita et Machin…  ces noms vous sont familiers ? Sans aucun doute ! Vous n’avez pas pu passer à côté de ces personnages truculents et de leurs aventures fantastiques,  tout droit sortis de l’imaginaire d’un grand auteur : Jean-Philippe Arrou-Vignod.

FAM_OIGNONS_IMP.inddCe document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

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Les Histoires des Jean-Quelque-Chose, récit quasi-autobiographique (que l’on vient de finir de relire avec ma Licornette en version intégrale), m’ont particulièrement fait rire : c’est drôle et touchant à la fois, la vie quoi ! 

Aujourd’hui, nous avons donc la chance de plonger dans l’univers de Jean-Philippe Arrou-Vignod, qui a accepté de partager avec nous ses souvenirs de lectures d’enfance ainsi que sa passion pour l’écriture. 


microetlivre– La Licorne à Lunettes : Beaucoup d’enfants ont grandi avec vos livres et leurs personnages si charismatiques : Rita et Machin, les aventures des Jean-Quelque-Chose, les enquêtes au Collège avec P.P. Cul-vert, Magnus Million. Et vous, quel a été votre livre d’enfance préféré ?
Jean-Philippe Arrou-Vignod : La grande lecture de mon enfance a été le Club des cinq. J’ai dû lire chaque tome de la série plusieurs fois. Une véritable addiction.Le_Club_des_Cinq_au_bord_de_la_mer le_club_des_cinq_62

– La Licorne à Lunettes : Le rituel de l’histoire du soir, une vraie madeleine de Proust, n’est-ce pas ? Et vous, quel souvenir en gardez-vous ?
JPAV : Oui, j’ai bien le souvenir de moments de lecture (et de chant) au moment du coucher. Mes parents nous rassemblaient sur le tapis du salon, en pyjama, et nous lisaient un roman, soir après soir. C’était un moment privilégié de partage et d’échange. Une belle façon, aussi, d’entrouvrir la porte des rêves.

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Interview : Flore Vesco nous livre ses souvenirs de lectures d’enfance

(c) D. BijeljacQuelle joie de rencontrer en « live » les auteurs qu’on aime ! Le salon de Montreuil (SLPJ93) est pour cela une occasion rêvée ! Cela m’a permis de discuter un instant avec Flore Vesco et de bénéficier d’une adorable dédicace, moment rare donc précieux vu le monde présent !

Alors que son dernier livre, Louis Pasteur contre les loups-garous vient de sortir depuis quelques semaines, Flore Vesco a accepté de répondre à quelques questions indiscrètes pour notre plus grand plaisir.

Attention, humour et révélations !

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