Marie-Verte

Marie-Verte est née avec la peau verte. Qu’importe pour ses parents et ses nombreux frères & sœurs « blonds comme des biscuits », ils l’aiment, bien évidement. À l’école, ce fut un peu plus difficile, sa différence étonnait mais sa gentillesse lui permit de s’entourer de copains, son talent pour les déguisements de Carnaval étant également un grand atout. Mais quand Sidonie essaye de lui ressembler en se peinturlurant de vert, Marie-Verte est perturbée. Finalement sa différence la questionne profondément et elle se sent bien seule. Y a-t-il quelqu’un quelque part qui lui ressemble pour de vrai ? N’a-t-elle pas un autre destin ? Après quelques recherches, elle décide de partir en quête… en quête d’elle-même. Un voyage initiatique qui la fera grandir.

Dans cet album où les mots se répondent comme une comptine, Emilie Chazerand aborde un thème majeur et que nous vivons tous à un moment de notre existence, quelles que soient nos différences ou nos ressemblances : l’acceptation de soi et la recherche de notre place dans ce monde. Au-delà de la différence de peau, il s’agit avant tout de parler de respect et d’acceptation des différences d’une manière plus générale. Vaste questionnement philosophique évoqué ici avec pudeur et tendresse, et bien sûr toujours avec un soupçon d’humour 😉

Savoir apprivoiser les autres c’est une chose mais savoir s’apprivoiser soi-même, se connaître et s’aimer, c’est tout une quête, un chemin parfois sinueux et rempli d’embûches. Mais finalement, c’est ce que nous faisons tous intérieurement, ce cheminement vers la connaissance de nous-même et d’autrui, c’est ce qui fait de cette vie de rencontres une source renouvelée de complémentarités, une vraie richesse humaine.

Continue Reading

Le chapeau charmant

Avez-vous pris le temps d’observer les nuages récemment, en marchant le nez en l’air ou allongé dans l’herbe ? Un plaisir d’enfance facilement ré-appropriable si vous vous laissez le temps de ce voyage imaginaire. C’est ce que fait cette petite fille pour chasser l’ennui, en cette fin d’été dans ce parc où la chaleur est assommante.

Quand soudain, zouim, elle glisse sur un chapeau. Etrange ce chapeau abandonné. Qui l’a oublié ? S’ouvre alors pour elle le champs des possibles pour cet objet anodin. Elle lui invente plusieurs vies : un grand-père l’aurait perdu pendant sa sieste ? Un gondolier de Venise en voyage à Paris l’aurait égaré en traversant le parc ? Une musicienne qui s’en servait pour récolter quelques sous l’aurait oublié pour rejoindre un admirateur ?


Le lendemain, le chapeau mystérieux est toujours à sa place, l’occasion pour elle de s’imaginer danseuse de claquette ou funambule le chapeau à la main. Elle le respire, et là par magie lui reviennent les mots de son oncle poète. Mais l’orage gronde bientôt. Que va devenir le chapeau sous la pluie ? Pour le savoir, il faudra lire ce roman court si touchant, qui dit combien notre part d’imaginaire fait notre richesse intérieure et que les surprises peuvent surgir au détour d’une branche de prunus.

Continue Reading

Quand Dehors t’appelle

Plus que jamais aujourd’hui, nous ressentons ce besoin d’air, de renouer avec la nature, de s’emplir du dehors, si indispensable à nos vies.

« Autrefois, nous faisions partie du Dehors et le Dehors faisait partie de nous. Rien ne nous séparait ».

« Maintenant, parfois même quand tu es Dehors, tu es dedans. Tu oublies que le Dehors est là. C’est pourquoi le Dehors te rappelle sans cesse sa présence… »

Peut-être avez-vous l’opportunité de toucher du bout des doigts la nature chaque jour, une chance qu’on oublie trop souvent. Heureusement, cette nature se rappelle à nous régulièrement, elle nous entoure, nous parle, pour celles et ceux qui savent l’écouter et en prendre soin.

C’est ce que ce sublime album nous invite à faire : prendre conscience de l’environnement extérieur, présent dans notre quotidien et renouer avec l’origine naturelle des choses. Avec poésie, on suit le cheminement contemplatif de cette petite fille qui s’émerveille de découvrir la nature partout autour d’elle.

Pour profiter de ces instants, il faut savoir regarder avec des yeux d’enfants, admirer les jeux de lumière à travers la fenêtre, suivre la naissance d’un papillon, écouter le bruissement dans les branches comme une chanson ou les pas d’un oiseau qui sautille sur le toit, sentir ces effluves printanières qui nous transportent loin.

Continue Reading

Le poisson qui me souriait

Un peu de poésie, respiration nécessaire !

Devant un aquarium en ville, un homme remarque un poisson parmi d’autres, un poisson qui lui sourit. Jour après jour, à chaque passage, le poisson revient vers lui. Cette relation naissante interroge l’homme qui se sent étrangement proche de l’animal aquatique. Si bien qu’un jour, il le ramène chez lui.  Peu à peu, les deux êtres s’apprivoisent et l’homme se prend d’affection pour cet ami silencieux qui partage sa vie.

Mais une nuit, il rêve que le poisson s’envole avec son petit bocal et l’emmène loin de la ville vers la mer. Dans son périple, l’homme s’éveille aux beautés de la nature qui l’entoure. Quel bonheur de nager librement avec ce poisson dans la mer, sans entrave, croit-il, jusqu’à ce qu’il heurte la paroi d’un bocal géant. Le rêve devient cauchemar : prisonnier. À son réveil, le regard de cet homme sur le poisson a changé. Véritable prise de conscience que son bonheur égoïste s’écroule s’il n’est pas partagé avec ce/ceux qu’il aime.

Alors l’homme libère le poisson et le relâche dans l’océan. «Désormais, l’océan tout entier me sourit».

Continue Reading

On lit trop dans ce pays

Un titre pareil, ça hameçonne, non ? Mais où est ce paradis ? 
Dans le pays de Rose-Bibly, on y lit beaucoup et surtout de tout : « des avalanches de livres, des cyclones, des tornades (…) avec un cerisier au milieu et une jolie ombre bleue pour s’y allonger. Dans ce pays, on lisait comme on cueille des cerises. Juste en tendant la main. » Quel programme !

Au fil des pages, au son d’une ritournelle, on découvre l’ampleur du champs des possibles. « Des histoires avec des moulins à vent, des baleines blanches, des Zazie et des Prince-petit, qui vous font les rêves et les matins en grand. » Hmm ça me dit quelque chose 😉

L’imaginaire de Pef nous entraîne alors au cœur de références bien connues de la littérature, et qui, si elles seront une découverte pour les plus jeunes, feront tilter la mémoire des plus grands, leur rappelant ces lectures d’enfance qui nous construisent. « Trop de livres qui riment », « trop d’images qui bullent en bandes organisées », « trop de livres à penser »… La plume de Daniel Picouly joue avec les sonorités, parsemant le récit de nombreux clins d’œil au patrimoine littéraire.

Continue Reading