Amour, amour

après quoi chacun court

Quoi de mieux qu’une lecture du soir qui invite à la douceur. Dès la première page, le rythme est donné, comme une ritournelle : « le jour à peine levé l’oiseau s’envole vers qui le cajolera. » Suivent alors les animaux de la forêt dans une même quête : chacun cherche qui lui donnera de l’amour. Renarde, souris, cerf, belette, loup, ourson et même encore licorne, chacun tend vers ce moment précieux où il retrouvera celui ou celle qui le caressera, l’enlacera, le câlinera, le chérira, le bercera.

Double page après double page, l’enfant suit le périple de ces animaux presque familiers, ceux des imagiers qu’il a pu feuilleter. Progressivement les mots assemblés créent comme une petite musique intérieure pleine de poésie, et l’identification se fait, amenant l’enfant à se poser l’ultime question : et lui, qui bercera-t-il ? Car, indéniablement, on a tous besoin d’affection, d’en recevoir mais également d’en donner. C’est ce que sous-tend la narration : être aimé et aimer en retour.

On retrouve avec plaisir l’univers graphique frais et épuré de Julie Guillem qu’on avait aimé dans « Le si petit roi » sorti chez le même éditeur en 2019. Comme elle l’explique, « l’illustration est un moyen de voyager et d’expérimenter de nouvelles voies » et c’est exactement ce que l’on ressent à la lecture de grand album : une ballade bienveillante illustrant après quoi chacun court, l’amour.

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Âge tendre

On l’attendait avec impatience, la nouvelle création effervescente de Clémentine Beauvais ! Et, encore une fois, le plaisir est au rendez-vous. Pour paraphraser Valentin : « Mes impressions ont été : positivement positives à la lecture de ce subtil ouvrage. »

Un cocktail d’humour et de réflexions sur notre société vu par un adolescent, ok, mais ce n’est que la partie émergée de cet iceberg littéraire. Car au fil des pages, la voix du narrateur va se métamorphoser et ouvrir la porte sur une profondeur intime qui bouleverse. Il est question d’adolescence et de vieillesse, de mémoire et d’identité, de relations intergénérationnelles, de la place qu’on essaye de se faire dans la société, du regard des autres sur ce qu’on est, du bonheur à construire et à reconstruire. « Tout est sur l’amour, le temps, la perte des choses. »

La Présidente de la République l’a décidé : tout élève doit faire, entre sa 3e et sa 2de, une année de service civique quelque part en France. Valentin Lemonnier, sensible et facilement déstabilisé en « société », se retrouve contre toute attente dans un centre pour personnes âgées atteintes d’Alzheimer reconstitué pour ressembler à un village des années 60. Panique pour Valentin qui, plongé dans cet univers totalement désarçonnant, va se mettre lui-même dans une situation impossible : trouver un sosie de Françoise Hardy qui viendra chanter « la maison où j’ai grandi » pour une pensionnaire, Mme Laurel 😉

Facile pour quelqu’un qui prétend être fan total de la chanteuse (alors qu’il n’en a jamais entendu parler.) Et pourtant, le pouvoir de la voix de Françoise va être un extraordinaire élément déclencheur dans la vie de Valentin.

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L’école de ma vie

(c) EDL

Les vacances, c’est sacré ! QUOI ? IL FAUT LIRE ? C’EST PAS JUSTE ! Pourquoi doit-on travailler pendant les vacances ? 

Eh oui, beaucoup d’entre nous l’ont prononcé cette phrase improbable, à 7 ans ou même 14. « Lire = travailler ». Et, en tant qu’adulte, on l’a également entendu, tout droit sorti de la bouche de nos bambins, à un moment ou à un autre. Non ? Allez, avouez !

Comment transmettre le plaisir de la lecture ? Parfois, on ne prend pas le bon chemin, et la force de persuasion s’apparente à de l’injonction, bien loin de l’apprivoisement. 

Fanta, fraîchement sortie du CP, est invitée chez une amie de sa mère, Sylvie, pour passer quelques jours à la campagne. C’est tout nouveau pour elle, et, elle compte bien en profiter. Mais Sylvie souhaite que la petite fille lise tous les jours.

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