Le Clan des Cabossés T.1

Jessie, 10 ans, n’a pas la langue dans sa poche. Son style, c’est la provoc sans chichis. Ce n’est pas le genre de fille à s’embarrasser de formules de politesse. Quand elle ne « sent » pas une personne, elle le dit en tout franchise, quitte à passer pour une peste. Elle voit souvent clair dans le jeu des autres, alors, bim, la vérité en pleine tête ! Odieuse mais perspicace. Forcément, cela lui attire des soucis, car les vérités toutes crues balancées en pleine figure, les gens n’aiment pas ça.

Pas simple de se faire des amis quand on est aussi directe. Et pourtant, l’été à Valras-plage va lui donner l’occasion de se constituer une petite bande de copains, un Clan des Cabossés comme elle l’appelle. Manuel, tout d’abord, qu’elle aborde sans détour. Il bégaie et a une jambe dans le plâtre ? Parfait ! Enrôlé dans le Clan ! Jessie ne se lie pas d’amitié, elle la décrète et Manuel, qu’on traite sans ménagement pour la première fois, est séduit par son culot. 

À bord d’un quadricycle à pédales, une rosalie des plages, Jessie et Manuel vont être vite rejoints par Arthur – isolé car son physique ne plait pas à tout le monde – et la belle Alice, handicapée par sa timidité. La fine équipe plante son quartier général dans une ancienne boutique de souvenirs. Après le jeu du « boomerang vérité » avec les passants, le Clan décide d’aider d’autres personnes « cabossés ».

 
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Ressac

Comme souvent les livres sont des refuges, des portes ouvertes sur l’ailleurs, le merveilleux, l’intime, l’infini. C’est ainsi que j’aborde la lecture, un voyage immobile, souvent salutaire. L’occasion d’une pause en bord de mer fut idéale pour plonger dans ce récit qui m’intriguait et m’attirait après quelques échos.

Ressac… Le titre interpelle, ses sonorités évoquent ce bruit des vagues qui « caressent » sable comme roche. La contemplation de la mer, cet horizon palpitant, m’a toujours permis de me recentrer. Et forcément, ce texte m’a touché.

L’autrice-illustratrice confie ces quelques jours de retraite choisie dans un monastère en Bretagne, une décision personnelle, nécessaire, vitale. Se retrouver face à soi, en soi. Prendre le temps de s’arrêter sur l’essentiel, loin de la vie trépidante, du quotidien parfois toxique, des tumultes.

5 jours, c’est peu et c’est beaucoup. 5 jours, confiés l’un après l’autre, au rythme de méditations intérieures et de marches aux alentours d’un couvent quasi mutique. L’occasion de s’interroger sur l’essentiel, suite à l’accident de ce beau-père pivot tant aimé qui dérive et la déroute, sur le passé, l’avenir, l’écriture.

 
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Selma et Samir

Toujours fidèle à la douceur des mots de Mymi Doinet, je me suis plongée dans l’histoire touchante de Samir et Selma.

Comme pour « Un piano pour Pavel », « Coco n’est pas zinzin » et « Ma vie de dico », Mymi donne la parole aux objets ou animaux pour raconter l’histoire des personnages d’un point de vue extérieur.

Souvent l’occasion d’aborder des sujets forts qui la touche particulièrement comme les errances de foyer en foyer d’un jeune orphelin, la maladie d’Alzheimer ou encore ici les conditions des migrants et notamment celles des enfants.

Samir a 12 ans et il raconte dans ses poésies son histoire, son voyage périlleux qui l’a amené en France, loin de sa « Nahéma » au Mali, sa grand-mère qu’il aime tant.

Selma a 11 ans et prend régulièrement des photos de son univers pour en montrer la beauté, jusqu’au jour où son appareil capture le regard profond et triste de Samir.

 
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Esther Andersen

Je ne me lasse pas de relire ce grand album depuis sa sortie. Comme pour tous les livres de Timotée de Fombelle, le temps n’a pas de prise sur ces histoires contées avec force sensibilité.

Un grand coup de cœur, forcément, un double, évidement. Ce grand format paysage est une réussite pour s’immerger entièrement dans ce territoire de l’enfance, cher à l’auteur. Le choix du trait fin et si expressif d’Irène Bonacina s’impose comme une évidence.

« C’était les vacances. » Ces mots magiques vous transportent immédiatement dans vos souvenirs d’enfance, comme le narrateur. Chaque année, ce petit bout d’homme se rend en train chez son oncle, pour deux mois de vacances estivales dans une maison perdue dans les champs de maïs. Une maison remplie d’objets récupérés et entassés depuis longtemps, comme une caverne d’Ali Baba. Le jeune garçon retrouve ce vélo rouge maintenant à sa taille qui l’emmène chaque jour faire des spirales autour de la maison, de plus en plus grande chaque année. Un champs de liberté sans limite où presque, le plaisir simple de rouler en harmonie avec la nature, où l’on veut, cheveux aux vents. Le soir amenait une assiette de pâtes au beurre et des histoires fabuleuses contées par l’oncle Angelo. Un goût d’enfance pur.

 
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Parler comme tu respires

Une plume enthousiasmante et des personnages qui vous prennent par la main dès les premières pages. Sybille et ses 15 ans, en ébullition, Sybille et la difficulté de dire ces mots, ses maux, Sybille et ce talent entre ses mains, Sybille et cet avenir dont elle rêve, loin des rails imaginés par ses parents.

« Sibylle a 15 ans. Depuis son entrée au CP, elle bégaie, ce qui ne l’empêche pas d’être une excellente élève, très douée en dessin. Rien n’y a fait, ni les visites chez les orthophonistes ni l’aide de ses parents qui l’entourent avec affection. Alors que son orientation de fin de troisième doit bientôt se décider, Sibylle se révolte soudain contre ses parents qui souhaitent qu’elle fasse des études longues et impose son désir  : elle deviendra tailleuse de pierre. « 

 
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