{"id":4507,"date":"2018-08-11T10:21:48","date_gmt":"2018-08-11T09:21:48","guid":{"rendered":"http:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/?p=4507"},"modified":"2018-08-22T12:00:01","modified_gmt":"2018-08-22T11:00:01","slug":"mon-frere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/2018\/08\/11\/mon-frere\/","title":{"rendered":"Mon fr\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-4515\" src=\"http:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/mon-frere-2.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"285\"><\/p>\n<div class=\"inside\">\n<div class=\"center-column\">\n<div class=\"intro-book\">\n<div class=\"col01\">\n<div class=\"audio_container\">\n<p>Toujours une \u00e9motion vive \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;une lecture si active, engag\u00e9e, vibrante livr\u00e9e par un auteur sensible qui vous prend par la main, et vous emm\u00e8ne avec lui au plus profond de ses souvenirs d&rsquo;enfance, pour vous les confier.&nbsp;<\/p>\n<p>Une incursion dans la vie priv\u00e9e de Daniel Pennac, entre lui et son fr\u00e8re, entre lui et Bartleby de Melville qui vous enveloppe entre fiction et r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Un livre comme une confession, un t\u00e9moignage, un bout de vie commune pos\u00e9 l\u00e0 pour m\u00e9moire et hommage.<\/p>\n<blockquote><p>Je ne sais rien de mon fr\u00e8re mort si ce n&rsquo;est que je l&rsquo;ai aim\u00e9.<br \/>\nIl me manque comme personne mais je ne sais pas \u00ab\u00a0Qui \u00a0\u00bb j&rsquo;ai perdu.<br \/>\nJ&rsquo;ai perdu la gratuit\u00e9 de cette affection, l&rsquo;agr\u00e9ment de cette compagnie, la profondeur de ce silence, la distance de cet humour, la d\u00e9licatesse de cette attention, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de ce jugement , cette intelligence des situations , la paix. J&rsquo;ai perdu ce qui restait de douceur au monde. Mais qui ai-je perdu ?<\/p><\/blockquote>\n<p>La narration alterne pans de vie personnelle et extraits choisis de Bartleby, mis en sc\u00e8ne par le romancier. Les souvenirs en appellent d&rsquo;autres, au fur et \u00e0 mesure des chapitres.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-4509 alignright\" src=\"http:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/audio-mon-frere.jpg\" alt=\"\" width=\"195\" height=\"265\">En \u00e9coutant Daniel Pennac parler de son fr\u00e8<span style=\"line-height: 1.5;\">re, on est instantan\u00e9ment projet\u00e9 dans son univers, bien pr\u00e9sent avec lui, partageant la lecture incantatoire qu&rsquo;il prodigue au lecteur. Et ce lecteur nous semble \u00eatre son fr\u00e8re lui-m\u00eame. Ce fr\u00e8re qui s&rsquo;incarne au fil des mots, des dialogues, des confidences. Tour \u00e0 tour, le lecteur se fait spectateur, assis aux c\u00f4t\u00e9s du narrateur Pennac quand il parle de sa relation fraternelle, ou assis en face du com\u00e9dien sur sc\u00e8ne lorsqu&rsquo;il convoque Melville.<\/span><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><span style=\"line-height: 1.5;\">Cette voix, justement, celle de l&rsquo;\u00e9criture qui prend encore plus d&rsquo;\u00e9paisseur quand elle devient voix <\/span><em style=\"line-height: 1.5;\">orale<\/em><span style=\"line-height: 1.5;\">, cette musique si particuli\u00e8re li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;intonation inimitable de l&rsquo;auteur, cet \u00e9cho qui r\u00e9sonne face au temps qui est pass\u00e9 si vite : une chance, tout simplement, une chance de pouvoir vivre ce livre aussi intens\u00e9ment.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4522\" src=\"http:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/dedicace-pennac-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/dedicace-pennac-225x300.jpg 225w, https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/dedicace-pennac-768x1024.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/>Une troublante exp\u00e9rience o\u00f9 un auteur de talent nous invite au coeur de son amour pour son fr\u00e8re, jamais larmoyant, mais intense et dense d&rsquo;authenticit\u00e9.<\/p>\n<p>Poignant. Unique.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Merci \u00e0 la librairie Comme un roman&#8230; qui nous a offert un moment d&rsquo;\u00e9change rare avec Daniel Pennac&#8230; et l&rsquo;occasion de repartir avec une d\u00e9dicace, et quelle mission !<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"inside\">\n<div class=\"center-column\">\n<div class=\"intro-book\">\n<div class=\"col01\">\n<div class=\"audio_container\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9couter un extrait (c) Gallimard :&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4507-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"http:\/\/media.groupe.gallimard.fr\/audioExtrait\/G02067.mp3?_=1\" \/><a href=\"http:\/\/media.groupe.gallimard.fr\/audioExtrait\/G02067.mp3\">http:\/\/media.groupe.gallimard.fr\/audioExtrait\/G02067.mp3<\/a><\/audio>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-4524 alignright\" src=\"http:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/extrait-mon-frere-245x300.png\" alt=\"\" width=\"245\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/extrait-mon-frere-245x300.png 245w, https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/extrait-mon-frere-768x942.png 768w, https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/extrait-mon-frere-835x1024.png 835w, https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/extrait-mon-frere.png 1071w\" sizes=\"(max-width: 245px) 100vw, 245px\" \/><strong>Auteur : Daniel PENNAC<\/strong><br \/>\n<strong>Edition : <a href=\"http:\/\/www.gallimard.fr\/Media\/Gallimard\/Entretien-ecrit\/Entretien-Daniel-Pennac.-Mon-frere\/(source)\/301260\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gallimard<\/a><\/strong><br \/>\n<strong>Ann\u00e9e : Avril 2018<\/strong><\/p>\n<p>&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>ENTRETIEN GALLIMARD \/ Daniel Pennac (c) Gallimard<\/p>\n<p>\u00abS<em>eize mois plus tard il me manquait encore quotidiennement. Mais il s\u2019invitait souvent. Avec tact, je dois dire. Il s\u2019installait discr\u00e8tement en moi. Mon c\u0153ur n\u2019accusait plus le coup. Les larmes ne venaient plus. Mon fr\u00e8re d\u00e9barquait \u00e0 br\u00fble-pourpoint et mon chagrin avait cess\u00e9 de le rejeter. L\u2019\u00e9motion se faisait accueillante. \u2009Je l\u2019acceptais en l\u2019\u00e9tat. \u2009Je constatais sa pr\u00e9sence parce qu\u2019une bagnole me doublait \u00e0 toute allure sur l\u2019autoroute du Sud. Cette flamme qui me fr\u00f4le, ce point rouge si vite \u00e0 l\u2019horizon, l\u2019\u00e9cho tenace de l\u2019\u00e9chappement, je viens d\u2019\u00eatre doubl\u00e9 par l\u2019exact contraire de mon fr\u00e8re<\/em>.\u00bb<\/p>\n<p><b>Qui \u00e9tait ce fr\u00e8re, \u00ab&nbsp;exact contraire&nbsp;\u00bb d\u2019une Ferrari&nbsp;? <\/b><br \/>\nC\u2019est \u00e9trange de dire de quelqu\u2019un qu\u2019il est le contraire d\u2019une Ferrari&nbsp;! En fait, ce bolide m\u2019a fait a contrario penser \u00e0 mon fr\u00e8re qui disait toujours \u00ab&nbsp;on ne va tout de m\u00eame pas ajouter \u00e0 l\u2019entropie\u2026&nbsp;\u00bb<br \/>\nJ\u2019ai perdu ce fr\u00e8re, Bernard, en 2007. Dix ans plus tard, en juillet 2017, je me suis r\u00e9veill\u00e9 \u00e0 cinq heures du matin, avec en t\u00eate le souvenir tr\u00e8s pr\u00e9cis de cette sc\u00e8ne sur l\u2019autoroute. Je me suis imm\u00e9diatement mis \u00e0 l\u2019\u00e9crire, et tout le reste du livre a suivi comme allant de soi.<\/p>\n<p><b>\u00c0 la lecture, on a le sentiment que chaque souvenir de Bernard ouvre sur un extrait de Bartleby, et que chaque extrait d\u00e9clenche un autre souvenir\u2026<\/b><br \/>\nMon adaptation de <i>Bartleby<\/i>&nbsp;et mes souvenirs de Bernard se sont entrem\u00eal\u00e9s selon un rythme qui s\u2019est impos\u00e9 de lui-m\u00eame. Tout cela est tiss\u00e9, absolument ind\u00e9m\u00ealable, aussi m\u00e9caniquement encha\u00een\u00e9 que le \u00ab&nbsp;marabout-bout de ficelle&nbsp;\u00bb. Et pourtant, apr\u00e8s l\u2019avoir r\u00e9\u00e9crit et relu cinquante fois, je ne m\u2019attends jamais au chapitre qui va suivre.<\/p>\n<p><b>Le livre aborde aussi la relation entre le com\u00e9dien\u2009\u2014\u2009 vous en l\u2019occurrence \u2014 et son public\u2026<\/b><br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9 par le d\u00e9sarroi o\u00f9 le personnage de Bartleby laissait le public. Le public, que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme un individu collectif, a besoin d\u2019explication, de finalit\u00e9, de sens. Et Bartleby renvoie chacun des spectateurs \u00e0 sa propre solitude ontologique.<\/p>\n<p><b>Jouer <i>Bartleby<\/i>&nbsp;sur sc\u00e8ne \u00e9tait-il un hommage, conscient ou inconscient, \u00e0 votre fr\u00e8re&nbsp;? <\/b><br \/>\nPas exactement un hommage\u2026 \u2009C\u2019\u00e9tait plut\u00f4t comme si je jouais avec lui, comme s\u2019il \u00e9tait dans la salle. Parce qu\u2019il \u00e9tait timide, il \u00e9tait tr\u00e8s fier que je fasse du th\u00e9\u00e2tre, que je m\u2019expose sur sc\u00e8ne. Bernard avait vraiment un c\u00f4t\u00e9 <i>Bartleby<\/i>, ce c\u00f4t\u00e9 <i>I would prefer not to<\/i>, \u00ab\u2009je pr\u00e9f\u00e9rerais pas\u2009\u00bb. S\u2019il \u00e9tait un personnage litt\u00e9raire, il serait \u00e0 classer du c\u00f4t\u00e9 des non-d\u00e9sirants. En fait, il \u00e9tait absolument inapte \u00e0 la consommation futile. Y compris le carri\u00e9risme, les mondanit\u00e9s\u2026 Rien de tout \u00e7a ne l\u2019int\u00e9ressait.<\/p>\n<p><b>Est-ce un texte sur le deuil, aussi&nbsp;?<\/b>&nbsp;<br \/>\nQuand on perd ce compagnon qu\u2019est un fr\u00e8re a\u00een\u00e9 qui vous a accompagn\u00e9 toute votre vie, il y a une trahison du sort. C\u2019est un deuil tr\u00e8s particulier. J\u2019ai vraiment eu l\u2019impression que la terre s\u2019ouvrait sous mes pieds. D\u2019ailleurs, dans les semaines qui ont suivi sa mort, je suis tomb\u00e9 d\u2019une falaise\u2026<br \/>\nEn tout cas, c\u2019est un livre d\u2019amour. Bernard est la personne que j\u2019ai aim\u00e9 le plus nettement, sans jamais d\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9e ou de ressentiment dans aucun domaine. En soixante ann\u00e9es, nous ne nous sommes jamais disput\u00e9s. Avec lui, tout ce qui aurait pu cr\u00e9er du conflit cr\u00e9ait de la connivence. C\u2019est tr\u00e8s \u00e9trange, comme une g\u00e9mellit\u00e9.<\/p>\n<p><b>Est-ce que Bernard ne s\u2019est pas finalement effac\u00e9 parce qu\u2019il se demandait ce qu\u2019il faisait dans l\u2019existence&nbsp;?<\/b><br \/>\nBernard avait un c\u00f4t\u00e9 \u00ab&nbsp;apparition&nbsp;\u00bb. Son royaume n\u2019\u00e9tait pas de ce monde. Ce qui le touchait dans la vie, c\u2019\u00e9tait l\u2019innocence menac\u00e9e, martyris\u00e9e. Non pas l\u2019innocence au sens moral du terme, mais l\u2019innocence de la vie en elle-m\u00eame. Quand on mena\u00e7ait la vie ou la libert\u00e9, c\u2019\u00e9tait le malheur. Je n\u2019ai jamais rencontr\u00e9 dans ma vie de personne qui me paraisse plus humainement juste. L\u00e0 o\u00f9 Bartleby incarne une fin de non-recevoir globale, absolue, Bernard incarnait une fin de non-recevoir de la connerie&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours une \u00e9motion vive \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;une lecture si active, engag\u00e9e, vibrante livr\u00e9e par un auteur sensible qui vous prend par la main, et vous emm\u00e8ne avec lui au plus profond de ses souvenirs d&rsquo;enfance, pour vous les confier.&nbsp; Une incursion dans la vie priv\u00e9e de Daniel Pennac, entre lui et son fr\u00e8re, entre lui [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0},"categories":[167,19],"tags":[341,161,58,243,183,238],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4507"}],"collection":[{"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4507"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4507\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4529,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4507\/revisions\/4529"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/la-licorne-a-lunettes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}